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La RDC confie au chinois Unicom Airnet la construction de son premier satellite de télécommunications

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La République démocratique du Congo a officiellement choisi une entreprise chinoise pour l'accompagner dans la mise en orbite de son tout premier satellite national de télécommunications. Le ministère des Postes et Télécommunications a signé, mardi 7 avril 2026 à Pékin, un mémorandum d'entente avec la société Unicom Airnet, filiale de l'opérateur public China Unicom. L'information a été rendue publique par les autorités congolaises, sans que le périmètre technique et financier de l'accord ne soit, à ce stade, précisé.

Ce rapprochement avec la partie chinoise intervient alors que Kinshasa avait, jusque-là, engagé des discussions avancées avec l'opérateur monégasque MonacoSat. Un protocole d'accord avait été signé en novembre 2024, prévoyant l'acquisition de capacités satellitaires auprès de cette société, dont le partenaire industriel est Thales Alenia Space. En août 2025, une délégation de MonacoSat avait rencontré le président Félix Tshisekedi afin de présenter les contours d'un projet estimé à 400 millions de dollars, avec un financement déjà mobilisé auprès d'une banque.

À ce stade, aucune communication officielle ne permet de déterminer si ce partenariat sera abandonné ou s'il pourrait évoluer en complémentarité avec l'accord conclu avec Unicom Airnet. Le ministère des Postes et Télécommunications s'est, pour l'heure, limité à confirmer la signature du mémorandum avec la partie chinoise, sans évoquer le dossier monégasque.

Cette initiative s'inscrit dans un contexte marqué par une fracture numérique encore très prononcée. Selon la GSMA, environ 40 millions de Congolais n'utilisaient pas l'Internet mobile en 2023, pour une population totale estimée à 105,7 millions d'habitants par la Banque mondiale. D'après l'Union internationale des télécommunications, en 2024, les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise, tandis que le taux de pénétration d'Internet s'établissait à 19,7 %. La GSMA recommande, pour la RDC, le développement de solutions alternatives telles que le satellite, le coût du déploiement des infrastructures terrestres augmentant fortement dans les zones rurales et enclavées.

Le choix d'un partenaire chinois s'inscrit dans une dynamique plus large de coopération spatiale entre Pékin et plusieurs pays africains. La Chine a notamment accompagné le Nigeria dans la mise en orbite de son premier satellite NigComSat-1 en 2007, puis de son successeur NigComSat-1R en 2011, après la défaillance du premier.

 L'Algérie a également bénéficié d'un appui chinois pour le lancement d'Alcomsat-1 en 2017, avec des extensions récentes de la coopération vers les services IoT par satellite et les constellations en orbite basse. Selon l'United States Institute of Peace, cité par Reuters, la Chine a ainsi conclu 23 partenariats spatiaux bilatéraux en Afrique, couvrant le financement, le lancement de satellites et la construction d'infrastructures au sol.

 Perton Biyiha

Publié le 08/04/26 13:04

La Rédaction

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