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Après le Gabon, la Corée du Sud s’appuie sur le brut congolais pour sécuriser son approvisionnement

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Envoyé spécial en mission au Kazakhstan, à Oman et en Arabie saoudite, le chef de cabinet de la présidence sud-coréenne, Kang Hoon-sik, multiplie les initiatives pour sécuriser les approvisionnements en pétrole brut. Cette offensive intervient dans un contexte de tensions persistantes dans le détroit d'Ormuz, qui fragilisent l'approvisionnement d'un pays dépendant à près de 70 % du Moyen-Orient pour ses importations d'hydrocarbures.

Dans cette quête de solutions alternatives, Séoul a progressivement élargi son portefeuille de fournisseurs. Après avoir activé des relais traditionnels comme l'Arabie saoudite ou les États-Unis, les autorités sud-coréennes se tournent désormais vers de nouveaux producteurs, dont le Gabon et, plus récemment, le Congo, qui s'impose comme un fournisseur complémentaire dans cette stratégie d'urgence.

Selon des données communiquées par le ministère sud-coréen du Commerce, le pays a sécurisé " 110 millions de barils de brut de substitution pour avril et mai via 17 pays ". Ce volume inclut, outre les partenaires habituels, " le Brésil, l'Australie, le Congo, le Gabon et le Canada ".

Ces volumes couvriraient " environ 60 % de la demande habituelle d'avril et 70 % de celle de mai ", précise le directeur général du bureau de la sécurité de l'industrie, du commerce et des ressources. Au-delà de la réponse conjoncturelle, cette séquence pourrait amorcer une réorientation plus durable de la politique énergétique sud-coréenne.

Une telle évolution s'impose d'autant plus que la dépendance à la route d'Ormuz reste structurelle. " La Corée du Sud doit d'urgence diversifier ses lignes d'approvisionnement, le pays dépendant de la route d'Ormuz pour environ 61 % de ses importations de brut et 54 % de celles de naphta ", a déclaré Kang Hoon-sik lors d'un point de presse, selon Reuters.

Une fenêtre d'opportunité sous contrainte pour les producteurs africains

Dans ce contexte, l'intégration progressive du Congo, après le Gabon, dans les circuits d'approvisionnement sud-coréens ouvre une fenêtre d'opportunité pour les producteurs d'Afrique centrale. Cette reconfiguration intervient alors que les prix du brut dépassent les 110 dollars le baril, ce qui, en théorie, renforce mécaniquement les recettes d'exportation.

Mais cette opportunité reste encadrée par des contraintes structurelles persistantes. En République du Congo, premier producteur de la CEMAC, le pétrole représente près de la moitié du PIB et l'essentiel des exportations. Pourtant, le pays continue d'importer environ 30 % de ses carburants, faute de capacités de raffinage suffisantes.

Ce déséquilibre limite les gains attendus. Une partie des recettes supplémentaires générées par la hausse des cours est absorbée par la facture des importations de produits raffinés. " Le pays doit racheter au prix fort, sur le marché international et en devises étrangères, l'essence et le gasoil qu'il ne parvient pas à transformer localement ", confie une responsable du secteur pétrolier à Brazzaville.

Le Gabon, bien que déjà intégré dans ces flux, présente des fragilités similaires. Producteur significatif de brut, il reste contraint par des capacités de transformation limitées, ce qui réduit l'effet net de la hausse des prix sur ses équilibres internes.

Perton Biyiha

Publié le 07/04/26 17:18

La Rédaction

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