Alors qu'elle est opérationnelle depuis janvier 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine peine encore à booster les échanges entre les pays du continent. Et pourtant, les bénéfices attendus d'un tel instrument sont tellement prometteurs. A titre d'illustration, la Banque mondiale a estimé dans un rapport publié en juillet 2020 que la ZLECAf allait accroître la richesse du continent de 450 milliards de dollars.
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Nous sommes toutefois encore loin de cette réalité, puisque le commerce intra-africain demeure faible par rapport au commerce extérieur du continent. Seuls 18% des exportations des pays africains sont destinées à d'autres pays du continent.
Cette faiblesse du commerce intra-africain s'explique aussi par le fait que les pays africains exportent essentiellement des produits de base non transformés. Ces derniers constituent plus de 70% des exportations africaines. Toute chose qui oblige les pays africains à commercer davantage avec l'Europe, l'Asie et l'Amérique.
Pour Afreximbank qui milite pour un développement du commerce intra-africain, il faut une grande implication de la jeunesse du continent, gage d'une véritable transformation structurelle des économies africaines, pour inverser la donne.
C'est ce qui explique le choix du thème "Réaliser le potentiel de la ZLECAf dans l'ère post-COVID-19 : exploiter le pouvoir de la jeunesse" des 29ème assemblées annuelles de la banque africaine d'import-export qui se sont ouvertes ce 15 juin 2022 au Caire, en Egypte, pour une durée de 3 jours.
"La bonne nouvelle est que l'Afrique se trouve exactement au même endroit que les États-Unis et le Canada dans les années 1900 et l'Asie en développement dans les années 70, 80 et 90. Aujourd'hui, 85% de la population du continent a moins de 45 ans, et 45% a entre 15 et 45 ans. Cet atout entre nos mains est peut-être la plus grande ressource, un atout bien plus précieux que toutes les ressources pétrolières et minérales", a déclaré Benedict Oramah, président d'Afreximbank dans son allocution d'ouverture.
"La jeunesse africaine commence à apporter des contributions significatives à la transformation économique du continent. Au Nigéria, M. Aliko Dangote, alors qu'il n'avait qu'une vingtaine d'années, a commencé à construire ce qui est devenu un conglomérat mondial de plusieurs milliards de dollars américains, qui lui a permis de devenir la personne la plus riche d'Afrique. C'est un jeune Tony Elumelu qui a transformé une banque commerciale en difficulté en une banque commerciale africaine multinationale, présente dans une vingtaine de pays", a-t-il renchéri.
Pour aider donc cette jeunesse à exploiter son plein potentiel, il a encouragé des politiques qui protègent la propriété intellectuelle, réduisent le coût des affaires et améliorent l'accès au marché unique africain.
De notre envoyé spéciale au Caire (Egypte)
Publié le 15/06/22 19:58
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC