Le Bénin boucle avec succès un cycle majeur de coopération financière avec le Fonds monétaire international (FMI). En effet, le conseil d'administration de l'institution de Breton Wood, a validé le septième et dernier examen des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité élargie de financement (FEF), ainsi que le quatrième et dernier examen du Mécanisme pour la résilience et la durabilité (MRD). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d'environ 118 millions de dollars, soit 65,67 milliards FCFA, scellant l'achèvement d'un programme engagé en juillet 2022 et renforcé en décembre 2023 par l'adossement au MRD.
Au terme du programme, le Bénin affiche des performances budgétaires solides, selon le communiqué du Fond publié ce 25 février. Le déficit public a été ramené à 3,1% du PIB en 2024, contre des niveaux nettement plus élevés les années précédentes, grâce à une mobilisation soutenue des recettes fiscales et à une rationalisation des dépenses, sans compromettre les dépenses sociales prioritaires. Le budget 2026 vise désormais à maintenir le déficit sous la barre des 3% du PIB, conformément au plafond fixé par l'UEMOA. L'ajustement budgétaire repose sur une stratégie de recettes à moyen terme, consolidant les efforts engagés ces dernières années.
Les résultats techniques du programme sont jugés satisfaisants : tous les critères de performance quantitatifs à fin juin 2025 ont été atteints, les objectifs indicatifs à fin septembre 2025 ont été respectés et les réformes structurelles ont été mises en œuvre, avec un léger retard sur une mesure. L'économie béninoise confirme sa dynamique. Après cinq années de performance soutenue, la croissance devrait atteindre 7,5% en 2025, un rythme comparable à celui de 2024, et se maintenir à moyen terme.
Le déficit courant s'est réduit en 2024, après une dégradation liée aux importantes importations de services professionnels dans le cadre du développement de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). La montée en puissance des exportations issues des zones économiques spéciales et la modération du déficit des services devraient soutenir un redressement progressif de la balance des paiements. Le FMI souligne par ailleurs l'accès favorable du Bénin aux marchés internationaux et le maintien du soutien des partenaires techniques et financiers, reflet d'une crédibilité macroéconomique renforcée.
Une dette révisée, mais un risque maîtrisé
Conformément aux normes statistiques internationales, plusieurs prêts extérieurs contractés en 2021 et transférés à des entreprises publiques ont été reclassés en dette publique. Résultat : la dette atteint désormais 60,5% du PIB à fin 2024, un niveau révisé à la hausse. Toutefois, le FMI maintient le Bénin dans la catégorie des pays à risque modéré de surendettement, en raison d'une capacité de remboursement jugée plus solide. L'institution appelle néanmoins à une vigilance accrue, notamment via un rééquilibrage progressif vers la dette intérieure, une gestion proactive des risques de refinancement externe, et un suivi renforcé de la dette des entreprises publiques.
L'achèvement du programme marque ainsi une étape importante dans la consolidation macroéconomique du Bénin. Mais le véritable test commence désormais : transformer cette stabilité retrouvée en une croissance durablement inclusive, capable d'absorber les chocs externes et de soutenir l'essor d'un secteur privé compétitif dans un environnement régional exigeant.
Publié le 26/02/26 08:38
Narcisse Angan
SN
CEMAC