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Le cacao ivoirien menacé par un stock invendu de 200 000 tonnes

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La Côte d'Ivoire pourrait se retrouver avec près de 200 000 tonnes de cacao invendues d'ici la fin du mois de mars, un volume inhabituellement élevé qui reflète les tensions persistantes entre les autorités et les acheteurs internationaux sur la question des prix. Cette accumulation progressive de fèves non écoulées intervient alors que le pays domine largement la production mondiale et dépend fortement de cette filière pour ses recettes d'exportation et les revenus de millions de producteurs.

À l'origine de cette situation se trouve le décalage entre le prix garanti aux producteurs ivoiriens et la réalité du marché international. Les autorités, à travers le Conseil du Café-Cacao, ont maintenu un niveau de rémunération destiné à protéger les cultivateurs après la flambée historique des cours observée ces dernières années. Mais la correction brutale des prix mondiaux a changé la donne. Les négociants et exportateurs, confrontés à des prix internationaux nettement inférieurs, hésitent désormais à acheter à des conditions qui pourraient compromettre leur rentabilité.

Ce blocage a déjà produit des effets visibles sur le terrain. Des quantités importantes de cacao restent immobilisées dans les entrepôts et les ports, tandis que certains contrats d'exportation n'ont pas été honorés. Les acheteurs internationaux, prudents face à la volatilité du marché et à la baisse de la demande de l'industrie chocolatière, privilégient une approche attentiste, contribuant à ralentir l'écoulement de la récolte ivoirienne.

Face à cette impasse, l'État ivoirien a commencé à intervenir pour éviter un engorgement durable de la filière. Des achats publics de cacao invendu ont été engagés afin de soutenir les prix et préserver les revenus agricoles. Parallèlement, les autorités envisagent un ajustement du prix garanti pour la récolte intermédiaire, une décision délicate dans un contexte où la stabilité sociale et économique des zones rurales dépend étroitement de la filière cacao.

L'enjeu dépasse les frontières nationales. Avec le Ghana, la Côte d'Ivoire représente environ la moitié de l'offre mondiale. Toute perturbation durable de ses exportations influence l'équilibre global du marché et les stratégies des grands industriels du chocolat. Selon des informations rapportées par Reuters, la résolution du différend sur les prix sera déterminante pour éviter une accumulation prolongée des stocks et ses conséquences économiques.

Cette situation met en lumière la vulnérabilité structurelle d'une économie fortement dépendante d'une matière première dont les prix échappent en grande partie au contrôle national. Elle rappelle aussi le dilemme auquel sont confrontés les pays producteurs, partagés entre la nécessité de protéger leurs agriculteurs et celle de rester compétitifs sur un marché mondial imprévisible.

Fanuelle YAO

Publié le 25/02/26 19:06

La Rédaction

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