Fitch Ratings a confirmé la note souveraine du Nigeria à ''B'' avec une perspective stable, un signal qui traduit une situation globalement équilibrée entre des atouts économiques importants et des fragilités structurelles encore bien présentes. L'agence estime que le pays conserve une base solide grâce à la taille de son économie, ses ressources en pétrole et en gaz et un marché financier intérieur relativement développé, mais ces forces sont contrebalancées par des défis persistants en matière de gouvernance et de stabilité macroéconomique.
Depuis les réformes engagées ces dernières années, les autorités nigérianes poursuivent des ajustements visant à stabiliser l'économie, notamment sur le marché des changes. Cette stratégie a permis une amélioration progressive de la confiance et un renforcement des réserves de change, qui ont atteint des niveaux plus confortables en 2026. Malgré cela, la monnaie reste sous pression et les équilibres extérieurs demeurent sensibles aux fluctuations des prix du pétrole et aux conditions financières internationales.
Sur le plan des finances publiques, la situation reste sous tension. Les dépenses de l'État continuent d'augmenter, notamment dans les domaines sociaux, sécuritaires et liés aux cycles électoraux, ce qui maintient le déficit à un niveau élevé. Les recettes progressent, mais restent structurellement faibles par rapport aux standards internationaux, ce qui limite la capacité du pays à réduire durablement son déséquilibre budgétaire. Le poids du service de la dette demeure également important dans les finances publiques, même si la structure de la dette, avec une maturité longue et une forte part en monnaie locale, apporte une certaine stabilité.
L'économie nigériane continue toutefois de montrer une croissance relativement stable, soutenue par la reprise progressive du secteur pétrolier et par une activité non pétrolière plus résiliente grâce à une meilleure stabilité du marché des changes. L'inflation, bien qu'en baisse par rapport aux pics récents, reste élevée et continue de peser sur le pouvoir d'achat et les conditions de financement. Le système bancaire, de son côté, s'est renforcé grâce à des recapitalisations qui améliorent sa capacité à soutenir le crédit et à absorber les chocs.
Malgré ces améliorations, les fragilités structurelles restent importantes. Les faibles indicateurs de gouvernance, les difficultés institutionnelles et la dépendance forte aux hydrocarbures continuent de limiter le potentiel de rehaussement de la note. Fitch considère ainsi que le Nigeria reste dans une trajectoire de transition, où les progrès macroéconomiques devront encore se consolider pour transformer durablement le profil de crédit du pays.
Fanuelle YAO
Fanuelle YAO
Publié le 15/04/26 17:03
La Rédaction
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CEMAC