Le Cameroun a été inscrit le 18 août dernier aux côtés du Vietnam par la commission européenne, sur la liste des pays tiers à haut risque, apprend-on auprès de l'institution européenne. Il s'agit des pays qui, selon Bruxelles, présentent dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), des “carences stratégiques” qui font peser une “menace significative” sur le système financier de l'Union Européenne.
La commission dit s'être appuyée sur les éléments du Groupe d'action financière (GAFI), qui en juin dernier a inscrit le Cameroun sur la liste “grise des pays sous surveillance renforcée”. L'institution européenne dit que sa décision découle également d'un “dialogue renforcé” avec le pays et une consultation des Etats membres et du Parlement européen. “Malgré́ son engagement et ses progrès, le Cameroun n'a pas encore remédié pleinement aux problèmes qui ont conduit à son inscription sur la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée du GAFI” peut-on lire sur un communiqué de l'institution.
Le Cameroun rejoint ainsi une vingtaine de pays blacklistés par l'UE au rang desquels l'Afghanistan, la RD Congo, le Nigéria, l'Afrique du Sud, le Sénégal ou encore le Mali. La Commission a de ce fait prescrit que les banques et autres entités relevant du champ d'application des règles de l'UE en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux appliquent des contrôles renforcés à l'égard de la clientèle et pour les opérations financières provenant de ces pays.
“Les entités assujetties dans tous les Etats membres sont tenues, conformément à l'article 18 bis de la directive (UE) 2015/849, d'appliquer des mesures de vigilance renforcées à l'égard de la clientèle dans les relations d'affaires ou les transactions impliquant des pays tiers répertoriés”.
Cédrick JIONGO
Publié le 13/09/23 16:41
La Rédaction
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