Avec une opération de titrisation de 15 milliards de FCFA, la Banque mobilise le marché régional des capitaux pour renforcer le financement du logement au Bénin.
BSIC Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement avec le lancement du compartiment FCTC ZAKA BSIC Bénin 2026-2033. D'un montant de 15 milliards de FCFA, cette opération constitue la première émission à caractère social du programme régional ZAKA et son compartiment le plus important à ce jour.
Développée avec AFINHAB et BOAD Titrisation, elle permettra à la Banque de refinancer une partie de son portefeuille de crédits et de mobiliser des ressources longues en faveur du financement immobilier. Structurée en conformité avec les Social Bond Principles de l'International Capital Market Association (ICMA), l'opération bénéficie d'un score de qualité durabilité SQS2 ('' Très satisfaisant") attribuée par l'agence Moody's Ratings. Son cadre d'émission social a été élaboré avec l'assistance technique du Global Green Growth Institute (GGGI), témoignant de l'ambition de l'opération en matière de finance durable et à impact.
Dans cet entretien, Isaac Charles F. FIBERESIMA, Directeur Général revient sur les motivations de la banque, les enjeux de cette opération et sa vision du financement du logement au Bénin.
Pouvez-vous nous présenter BSIC Bénin, son positionnement au sein du Groupe BSIC et la portée de son adhésion au programme ZAKA ?
Présente au Bénin depuis plus de deux décennies, BSIC Bénin est une filiale du Groupe BSIC, créée pour accompagner les ambitions économiques et le développement des États membres de la Communauté des États sahélo-sahariens, qui regroupe vingt-cinq États africains.
Conformément à la mission de son Groupe, BSIC Bénin contribue activement au développement de l'économie nationale en accompagnant les entreprises, les particuliers, les institutions ainsi que les grands projets structurants de l'État.
Son adhésion au programme ZAKA, développé par AFINHAB et BOAD Titrisation, s'inscrit dans la continuité de cet engagement. Après plusieurs opérations ayant démontré la pertinence et l'attractivité de ce mécanisme sur le marché régional, le programme franchit une nouvelle étape avec le lancement du compartiment FCTC ZAKA BSIC Bénin 2026-2033.
D'un montant de 15 milliards de FCFA, cette émission constitue, à ce jour, le compartiment le plus important du programme. Elle permet à la BSIC Bénin de diversifier ses sources de refinancement et de mobiliser des ressources de long terme destinées au financement du logement.
Structurée conformément aux Social Bond Principles de l'International Capital Market Association, l'opération a obtenu de Moody's Ratings une évaluation de qualité de durabilité SQS2 – “Très satisfaisant”. Son cadre d'émission sociale a également été élaboré avec l'assistance technique du Global Green Growth Institute, traduisant l'ambition de BSIC Bénin de renforcer son positionnement dans le domaine de la finance durable et à impact.
Cette opération traduit notre volonté d'accompagner durablement le développement du logement au Bénin
Pourquoi BSIC Bénin a-t-elle choisi de rejoindre le programme ZAKA ?
Le financement du logement constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour le développement économique et social de notre pays. En rejoignant le programme ZAKA, nous avons souhaité nous inscrire dans une dynamique régionale qui apporte une réponse concrète à cette problématique.
Cette opération nous permet de diversifier nos sources de refinancement tout en renforçant notre capacité à financer de nouveaux projets immobiliers en vue de satisfaire notre clientèle et contribuer au développement des villes du Bénin. Elle traduit également notre volonté d'innover en utilisant les instruments du marché financier pour soutenir l'économie réelle.
Quelle place occupe aujourd'hui le financement de l'habitat dans la stratégie de BSIC Bénin ?
Le logement représente bien plus qu'un simple actif immobilier. Il constitue un facteur de stabilité pour les familles, favorise l'inclusion financière et stimule de nombreux secteurs de l'économie.
Chez BSIC Bénin, nous sommes convaincus que l'accès à un habitat décent contribue directement au développement économique et social du pays. C'est pourquoi nous accompagnons depuis plusieurs années les particuliers et les professionnels dans la réalisation de leurs projets immobiliers et les entreprises intervenant dans l'exécution du programme de logements sociaux et économiques initié par l'Etat du Bénin. Cette opération s'inscrit naturellement dans la continuité de cet engagement.
Nous avons également l'ambition de jouer un rôle pionnier dans l'accélération du développement du crédit hypothécaire au Bénin. À travers cette émission, nous nous engageons à affecter l'intégralité des fonds levés au financement de logements abordables par le crédit hypothécaire.
Votre opération est la première obligation sociale du programme ZAKA. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Parce que nous souhaitions donner à cette opération une dimension qui dépasse le simple refinancement bancaire.
En structurant cette opération comme une obligation sociale, nous affirmons notre volonté d'associer performance financière et impact social. Les ressources mobilisées contribueront directement au financement du logement abordable au Bénin, conformément à un cadre clairement défini et transparent.
Nous sommes convaincus que les investisseurs accordent aujourd'hui une importance croissante aux projets qui génèrent un impact positif pour les populations. Cette approche positionne BSIC Bénin en tant que pionnière dans l'intégration des standards ESG les plus exigeants au sein du programme ZAKA.
L'opération bénéficie d'une évaluation SQS2 (''Très satisfaisant'') de Moody's Ratings et de l'assistance technique du GGGI. Que représentent ces deux éléments pour BSIC Bénin ?
Ils constituent avant tout une reconnaissance de la qualité du travail réalisé dans la structuration de cette opération.
L'évaluation de Moody's Ratings confirme que notre cadre social répond aux standards internationaux les plus exigeants. Quant à l'accompagnement du Global Green Growth Institute (GGGI), il nous a permis de construire un dispositif robuste en matière de gouvernance, de sélection des projets financés et de suivi des impacts sociaux.
Ces deux contributions renforcent la crédibilité de l'opération auprès des investisseurs.
Concrètement, quel impact cette émission aura-t-elle pour les ménages béninois ?
La titrisation permet de mobiliser rapidement des ressources longues à partir d'un portefeuille de crédits existants.
Les 15 milliards levés suite à la titrisation de notre portefeuille de créances nous permettrons de renforcer notre capacité à accompagner davantage de ménages dans leurs projets immobiliers. Notre cadre d'obligations sociales garantit que les logements financés respectent un coût maximal de 150 millions de FCFA par unité, assurant ainsi l'accessibilité financière d'une grande majorité de la population. Nous nous engageons aussi à ce que plus de 50% de ces financements soient attribués aux primo-accédants, c-à-d des ménages achetant leur premier actif immobilier. Cette opération contribuera ainsi à soutenir le développement du logement abordable tout en stimulant l'activité économique dans des secteurs tels que la construction, les matériaux ou les services associés, générant ainsi des emplois et une croissance inclusive au Bénin.
BSIC Bénin rejoint un programme qui en est aujourd'hui à son troisième compartiment émis. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?
Elle témoigne de la pertinence du modèle développé par AFINHAB et BOAD Titrisation.
Les deux premières opérations ont démontré qu'il existait un véritable intérêt du marché pour ce type de financement. Avec ce troisième compartiment, le programme confirme sa capacité à accompagner les banques dans leur stratégie de refinancement tout en répondant à un besoin concret des populations.
Nous sommes heureux de contribuer à cette dynamique régionale.
La titrisation reste encore méconnue d'une partie du grand public. Quel rôle peut-elle jouer dans le développement des économies africaines ?
La titrisation est un outil qui permet d'utiliser plus efficacement les ressources disponibles.
Elle offre aux banques la possibilité de refinancer leurs actifs afin de financer de nouveaux projets. Pour les investisseurs, elle constitue une opportunité de participer au financement de secteurs prioritaires tout en diversifiant leurs placements.
À terme, ce type d'instrument contribuera au développement des marchés financiers africains et au financement durable de l'économie réelle.
Peut-on considérer cette opération comme une première étape dans la stratégie de finance durable de BSIC Bénin ?
Cette opération illustre effectivement notre volonté d'intégrer davantage les principes de la finance durable dans notre développement.
Nous sommes convaincus que les instruments de financement à impact occuperont une place croissante dans les économies africaines. BSIC Bénin entend participer à cette évolution en développant des solutions qui répondent simultanément aux attentes des investisseurs et aux besoins des populations. L'objectif est de renforcer l'impact de notre action à travers un financement responsable et adapté aux réalités économiques locales.
En vue de concrétiser cette ambition, la banque a également mis en place une cellule dédiée à la finance durable avec des experts pour la réalisation d'opérations similaires, leur suivi et la définition d'une offre de qualité et adaptée à la clientèle et au marché béninois.
Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs et aux partenaires de cette opération ?
Je souhaite tout d'abord leur exprimer notre reconnaissance pour la confiance qu'ils accordent à cette opération.
Leur mobilisation démontre que les marchés financiers peuvent être un puissant levier de développement lorsqu'ils sont mis au service de projets à fort impact économique et social. Au-delà de cette émission, notre ambition est d'établir avec les investisseurs une relation durable, fondée sur la confiance, la transparence et la démonstration d'impacts mesurables.
Nous espérons que cette émission contribuera non seulement à renforcer le financement du logement au Bénin, mais également à encourager le développement de nouvelles initiatives de finance durable au sein de l'UEMOA.
Publié le 22/07/26 09:33
La Rédaction
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CEMAC