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Burkina Faso : L’État dégage 3 milliards FCFA pour réduire les prix des médicaments essentiels

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Après 2025, les autorités burkinabè poursuivent leur politique de soutien au pouvoir d'achat des ménages et d'amélioration de l'accès aux soins. En effet, à compter du 1er mars prochain, les prix de vente des médicaments essentiels génériques, de certains produits spécifiques de santé et de consommables médicaux distribués par la CAMEG, Centrale d'achat des médicaments essentiels génériques, connaîtront une baisse significative. Derrière cette décision, adoptée lors du conseil des ministres de ce 12 février, se cache un effort financier substantiel de 3 milliards FCFA, entièrement supportés par le budget de l'État.

Dans le détail, les réductions annoncées sont d'une ampleur rarement observée sur le marché pharmaceutique national. Il s'agit de jusqu'à 67,27% de baisse pour certaines formes comprimées ; 53,47% pour certaines formes injectables ; 20% pour certaines formes sirops et suspensions ; et jusqu'à 72,73% pour certains consommables médicaux. Il fauit préciser que ces ajustements tarifaires concernent exclusivement les produits du circuit de la CAMEG, acteur central de l'approvisionnement public en médicaments essentiels.

Un choix budgétaire fort, dans un contexte contraint

Dans un environnement économique marqué par des tensions sécuritaires persistantes et des contraintes budgétaires accrues, la mobilisation de 3 milliards FCFA au profit du secteur pharmaceutique public constitue un signal fort. Selon le gouvernement, cet engagement financier poursuit un double objectif, à savoir d'une part, alléger directement la facture sanitaire des ménages, dont les dépenses de santé restent en grande partie supportées par les familles. Et d'autre part, libérer des marges budgétaires pour les foyers, afin qu'ils puissent réallouer leurs ressources vers d'autres besoins essentiels (éducation, alimentation, logement).

Au-delà de la dimension sociale, la mesure peut également être analysée comme un investissement macroéconomique. En améliorant l'accès aux traitements, elle contribue potentiellement à réduire les coûts indirects liés aux maladies (absentéisme, baisse de productivité, complications médicales). Cette nouvelle décision ne constitue pas un acte isolé. Elle s'inscrit dans la continuité de la baisse opérée au mois de mai 2025, dont l'incidence financière était estimée à environ 5 milliards FCFA. À l'époque, les prix de vente publics des médicaments essentiels génériques, des consommables médicaux et de certains vaccins avaient déjà été revus à la baisse sur l'ensemble du territoire. En cumul, l'État burkinabè aura donc engagé près de 8 milliards FCFA en moins d'un an pour soutenir l'accessibilité financière aux produits de santé essentiels.

Les autorités présentent cette mesure comme la traduction concrète de la vision du chef de l'État à garantir à tous les Burkinabè un accès équitable à des soins et services de santé et de nutrition de qualité. Dans un pays où la dépense de santé reste un facteur de vulnérabilité pour de nombreux ménages, la réduction des prix des médicaments essentiels génériques constitue un levier stratégique. Les génériques représentent en effet la base thérapeutique du système public de santé et sont largement prescrits dans les centres de santé et hôpitaux publics.

Publié le 14/02/26 18:15

Narcisse Angan

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