Le Burkina Faso confirme sa volonté de consolider la relance de sa filière coton. En effet, le gouvernement a annoncé lors du dernier conseil des ministres tenu ce 25 juin à Ouagadougou, qu'une enveloppe de 15,8 milliards FCFA sera mobilisée pour soutenir la campagne cotonnière 2026-2027, à travers la subvention des intrants agricoles.
Fait marquant, ce financement sera entièrement pris en charge par les sociétés cotonnières, traduisant leur engagement à préserver la compétitivité de l'une des principales filières d'exportation du pays. Cette décision intervient dans un contexte de reprise progressive de la production nationale et vise à offrir de meilleures perspectives aux producteurs, tout en renforçant la durabilité économique de la filière. Pour cette campagne 2026-2027, le gouvernement a ainsi décidé de maintenir le prix de cession à crédit des engrais à 17 500 FCFA le sac de 50 kilogrammes, quel que soit le type d'engrais utilisé par les producteurs.
Cette prise en charge intégrale des subventions par les sociétés cotonnières constitue un signal fort pour les producteurs. Elle permettra de limiter l'impact de la hausse des coûts des intrants agricoles, d'améliorer la rentabilité des exploitations et d'encourager le maintien, voire l'extension, des superficies consacrées au coton. Dans un environnement marqué par la volatilité des prix internationaux des matières premières et les défis liés à la sécurité alimentaire, cet effort financier vise également à préserver la compétitivité du coton burkinabè sur les marchés mondiaux.
Une campagne 2025-2026 marquée par un rebond de la production
Présentant le bilan de la campagne écoulée, le ministre burkinabè de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a indiqué que la production nationale de coton graine, conventionnel et biologique, a atteint 314 293 tonnes au titre de la campagne 2025-2026, contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente. Cette progression de 7% témoigne d'un redressement de la filière, après plusieurs années marquées par des difficultés liées notamment à l'insécurité, aux aléas climatiques et à la baisse des superficies emblavées.
Ce rebond conforte les autorités dans leur stratégie de redynamisation du secteur, qui demeure un pilier de l'économie burkinabè, tant par sa contribution aux recettes d'exportation que par les revenus qu'il procure à des centaines de milliers de producteurs. Longtemps considéré comme ‘'l'or blanc'' du Burkina Faso, le coton demeure l'une des principales cultures de rente du pays et un moteur essentiel de l'économie nationale. La filière génère des milliers d'emplois directs et indirects, alimente l'industrie de transformation et constitue une source importante de devises grâce aux exportations.
Publié le 30/06/26 16:20
Narcisse Angan
SN
CEMAC