Le Cameroun et les États-Unis ont tenu, le 27 août à Yaoundé, leur premier Dialogue économique et commercial bilatéral. Les discussions ont notamment porté sur la fiscalité, la facilitation des échanges, les procédures douanières et logistiques ainsi que le cadre réglementaire des investissements. Sur le volet commercial, l'accès au marché américain et la réintégration du Cameroun à l'AGOA, dispositif accordant un accès préférentiel à certains produits africains, ont figuré parmi les dossiers examinés. La mise à niveau des entreprises camerounaises aux normes américaines et une meilleure intégration des PME dans les chaînes de valeur ont également été au cœur des échanges.
Au-delà de l'amélioration du cadre des affaires, le Cameroun a mis en avant plusieurs projets susceptibles de mobiliser des entreprises et des capitaux américains. Grand Eweng figure parmi les principaux. Développé sur la Sanaga par l'américain Hydromine, ce projet hydroélectrique est présenté comme une centrale de 1 080 MW, pour un investissement estimé à 1 855 milliards de FCFA, soit près de 3 milliards de dollars, dans le catalogue officiel des projets en PPP publié en avril 2026.
Selon des sources proches du dossier, Yaoundé a également présenté le projet d'un nouvel aéroport de classe mondiale à Douala, dans la région du Littoral. Inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030, le projet doit encore faire l'objet d'études de faisabilité. L'expertise américaine est par ailleurs recherchée pour des études portant sur la réalisation de complexes théâtraux à Yaoundé, Douala et Bamenda.
Le numérique constitue un autre axe de cette coopération. Le Cameroun prévoit notamment la mise en place d'un data center national souverain associé à un parc cloud, d'un Centre national d'opérations de sécurité ainsi que l'accompagnement de sa stratégie nationale d'intelligence artificielle. Côté américain, le département du Commerce relève plusieurs besoins du marché camerounais dans les domaines des infrastructures de données, du cloud, de la cybersécurité, de la fibre optique et des solutions numériques. Les échanges ont également porté sur l'interconnexion de CAMCIS avec les systèmes des compagnies aériennes afin de fluidifier le traitement du fret aérien, ainsi que sur la mise en place d'un système intégré de suivi des navires.
Mieux valoriser le potentiel minier
Dans le secteur minier, Washington souhaite approfondir la cartographie géologique et minière du Cameroun. L'objectif est de compléter et d'actualiser les données disponibles sur le sous-sol afin de disposer d'informations plus fiables et plus exploitables par les investisseurs. Pour le Cameroun, l'enjeu est notamment de mieux documenter son potentiel minier et de rendre les projets plus lisibles pour les opérateurs susceptibles de financer leur développement.
La coopération devrait également s'étendre à la gestion des fonds liés à la restauration des sites miniers. Yaoundé a demandé l'ouverture de consultations sur les fonds de restauration détenus auprès d'établissements financiers aux États-Unis. La note conceptuelle du dialogue prévoit, à ce sujet, leur " sécurisation, la traçabilité et le rapatriement progressif dans la zone CEMAC ". Ce dossier ajoute ainsi une dimension financière à la coopération minière entre les deux pays.
Enfin, le Cameroun cherche à transformer le rapprochement avec les États-Unis en débouchés commerciaux concrets pour ses entreprises. Un " Supplier Development Program " au bénéfice de 50 PME et coopératives des filières prioritaires figure ainsi parmi les dispositifs retenus. Il doit être complété par des mécanismes de mobilité d'affaires et de mise en relation entre entreprises des deux pays.
Claude Paul Tjeg
Publié le 27/08/26 16:33
La Rédaction
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