Au 30 septembre 2022, l'encours de la dette des entreprises et établissements publics camerounais est ressorti à 937,5 milliards FCFA (soit environ 1,5 milliard de dollars), selon les données de la caisse autonome d'amortissement, l'organisme public en charge de la gestion de la dette de l'État et de ses démembrements. Cet encours se compose de 56,3% de dette extérieure et 43,7% de dette intérieure et représente de manière précise 7,5% des emprunts du secteur public camerounais élevé à 12 390 milliards de FCFA à la période sous revue.
La société nationale de raffinage(SONARA), concentre à elle seule plus de 78,6% de cette dette soit 737,7 milliards FCFA. Le gestionnaire de l'unique raffinerie des hydrocarbures du pays dont les installations ont volé en fumée en mai 2018 est depuis lors à l'arrêt et traîne avec elle une lourde ardoise auprès de ses fournisseurs étrangers et des banques locales. L'État, qui est le garant en dernier ressort de cette dette, a signé en septembre dernier une convention de remboursement qui sera échelonnée sur 10 ans avec un taux d'intérêt de 5,5%.
La deuxième structure publique la plus endettée est la Cameroon Airlines Corporation(CAMAIR-CO) avec 90,4 milliards de dettes dont 68% dus aux créanciers extérieurs. La compagnie aérienne publique enchaîne les contre-performances, années après années, avec des résultats nets déficitaires respectifs de 14 milliards, 22 milliards et 12 milliards en 2017, 2018 et 2019. Sur la période allant de 2017 à 2020, l'État a accordé près de 30 milliards de subvention à cette entité qui peine toujours à relever la pente. Les principales préoccupations de cette entreprise concernent l'insuffisance de la flotte. Avec 5 avions détenus en propriété, l'entreprise n'en exploite que deux notamment un MA 60 et un Boeing 737-700 NG réceptionnés en août dernier ; les 3 autres étant immobilisés en raison de diverses pannes.
La société des aéroports du Cameroun (ADC) et le Port autonome de Douala (PAD), deux entreprises dont l'Etat se prépare à céder une partie des actifs à la BVMAC, la bourse régionale unifiée, concentrent des prêts non remboursés de 13,1 milliards et 39,1 milliards de FCFA. Le reste de la dette est détenu par Cameroon Telecommunications (14,2 milliards), Camwater(5,2 milliards), CDC(9,4 milliards), MAETUR(3,3 milliards).
Fernand Ghokeng
Publié le 17/11/22 16:15
La Rédaction
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