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Cameroun : "Chocolat Rouge", un produit premium bientôt fabriqué à partir des fèves locales

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La société française SAS MANTA, filiale de La Chocolaterie de Saint-Thonan, s'apprête à lancer début 2026 une unité de transformation de cacao à Nkol-Melen, près de Yaoundé. Ce projet de 1 milliard FCFA vise à produire du chocolat premium "Made in Cameroon", destiné aux marchés européen et africain. À la clé : création d'emplois locaux, formation professionnelle, et intégration des producteurs dans la chaîne de valeur. Un pas stratégique pour la montée en gamme de la filière cacao au Cameroun.

D'après des informations rendues publiques lors d'une audience accordée le 23 septembre 2025 par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, à l'industriel français Olivier Bordais, patron de la société SAS MANTA, la chocolaterie “Chocolat Rouge”, entrera en service en janvier 2026. "Tout avance bien. Je pense qu'on va ouvrir les premières pistes du chocolat Made in Cameroon en janvier 2026 ", a déclaré Bordais au ministre, saluant l'avancement des travaux sur le site de Nkol-Melen (région du Centre). Une première expédition de conteneurs est déjà envisagée pour février 2026, à destination du marché européen.

L'usine de Nkol-Melen est une initiative de La Chocolaterie de Saint-Thonan, entreprise française basée dans le Finistère, qui a choisi de franchir un cap en installant une filiale en Afrique centrale. L'investissement, évalué à 1 milliard de FCFA (environ 1,5 million d'euros), doit permettre de produire " un chocolat haut de gamme estampillé Made in Cameroon ".

Pour diriger les opérations, la maison-mère a désigné Antoine Appéré, un jeune cadre breton qui prendra ses fonctions d'ici la fin d'année. " Nous serons deux Finistériens, tout le reste de l'équipe sera camerounaise ", a-t-il confié en novembre 2024 dans un entretien à Ouest-France. L'effectif initial comptera une quinzaine de salariés locaux, appuyés par un volontaire international en entreprise (VIE) chargé de l'hygiène et de la sécurité.

L'un des enjeux majeurs du projet concerne les normes de certification de l'Union européenne pour le chocolat au lait exporté. Bordais a signalé au ministre camerounais certaines lenteurs administratives dans ce domaine. Ce dernier a aussitôt mobilisé les administrations concernées, promettant une issue rapide afin de garantir l'accès au marché européen dès les premières exportations.

Au-delà de l'Europe, les initiateurs du projet affichent aussi leur volonté de conquérir des débouchés régionaux grâce à la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). “Chocolat Rouge” repose sur un partenariat direct avec une coopérative locale de cacaoculteurs, représentée lors de l'audience par Aristide Tchemtchoua, présidente de Cacao-Scoops.ca de Nkoaekogo. Les producteurs fourniront les fèves brutes à l'usine, assurant à la fois un approvisionnement stable et une meilleure valorisation de leur travail.

Cette organisation doit permettre de garantir une traçabilité complète, " de la plantation jusqu'au produit fini ", selon les promoteurs. Elle ambitionne également d'obtenir à terme une Indication Géographique Protégée (IGP) pour les fèves camerounaises, dont la teinte particulière inspire le nom commercial “Chocolat Rouge”.

Le projet ne se limite pas à la seule production industrielle. Un accord de partenariat est en cours de finalisation avec le Lycée technique d'Obala, afin d'assurer la formation professionnelle des jeunes dans les métiers liés à la transformation du cacao. Par ailleurs, l'équipe de SAS MANTA s'est engagée auprès des autorités traditionnelles de Nkol-Melen à rénover les écoles et à construire des points d'eau potable.

Ces engagements sociaux ont été " particulièrement appréciés " par le ministre du Commerce, qui a réaffirmé " le soutien indéfectible du gouvernement " à cette initiative qu'il qualifie de structurante pour la filière.

Le Cameroun, cinquième producteur mondial de cacao, cherche depuis plusieurs années à augmenter la part transformée localement. Jusqu'ici, ce marché est dominé par des acteurs industriels tels que Sic Cacao, Chococam, Atlantic Cocoa et Neo Industry.

Perton Biyiha

Publié le 26/09/25 09:33

La Rédaction

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