menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal au cœur du déploiement d’une passerelle bancaire reliant des millions de portefeuilles mobiles

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 17h37min

Le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Sénégal figurent parmi les premiers terrains d'application d'un partenariat entre Ecobank Transnational Incorporated et la fintech Hub2, qui veulent connecter des centaines de millions de portefeuilles mobiles à une infrastructure bancaire unique. Il s'agit, selon les deux institutions de rendre les paiements numériques plus simples pour les entreprises et plus accessibles pour les consommateurs, dans des économies où le téléphone mobile est devenu un outil financier central.

Concrètement, le projet repose sur l'interconnexion entre la plateforme bancaire numérique d'Ecobank, présente dans plus de trente pays africains, et l'infrastructure API de Hub2, qui permet déjà d'accéder à un vaste réseau de portefeuilles mobiles en Afrique de l'Ouest et centrale. Cette connexion doit permettre à un commerçant, une plateforme en ligne ou un service de transfert d'argent d'envoyer ou de recevoir des fonds depuis différents opérateurs mobiles sans multiplier les intégrations techniques.

A en croire les deux parties, le problème reste la fragmentation. Chaque opérateur mobile possède son propre système et les échanges entre réseaux, entre pays ou avec les banques restent parfois lents ou coûteux. Pour les entreprises, cela implique des connexions multiples et des procédures complexes. Le partenariat Ecobank-Hub2 cherche à réduire cette barrière en créant une passerelle unique capable d'acheminer les transactions entre banques, fintechs et portefeuilles mobiles.

Sandra Yao, responsable groupe des transferts transfrontaliers et paiements chez Ecobank, estime que " les entreprises africaines ne peuvent pas se développer si les paiements restent difficiles à gérer au-delà des frontières ". Elle explique que la connexion entre l'infrastructure bancaire et les grands écosystèmes de mobile money doit permettre aux sociétés d'opérer dans plusieurs pays " avec la même fluidité que sur leur marché domestique ".

Les premiers essais seront lancés dans les zones UEMOA et CEMAC donnant un rôle particulier à des marchés comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Cameroun. Ces pays cumulent un usage massif du mobile money, un tissu croissant de fintechs et un commerce numérique en expansion. Hub2 y est déjà actif auprès de néobanques, plateformes d'e-commerce et opérateurs de transfert d'argent, avec un taux de réussite des transactions annoncé à 98%.

Jean-Rémi Kouchakji, co-dirigeant de Hub2, souligne que le commerce électronique africain devrait dépasser le demi-milliard d'utilisateurs d'ici 2026. Selon lui, " les commerçants ont besoin d'une infrastructure unique, inclusive et conforme dès sa conception ". Il voit dans l'alliance avec Ecobank un moyen d'offrir aux entreprises un accès direct à plusieurs rails de paiement sans multiplier les coûts techniques.

L'Afrique reste le principal marché mondial du mobile money. Les données sectorielles indiquent que le continent concentre près des 3/4 du volume global des transactions et plusieurs centaines de millions de comptes enregistrés en Afrique subsaharienne. Malgré cette avance, l'intégration régionale des paiements progresse plus lentement que l'adoption des services mobiles eux-mêmes, ce qui freine encore le commerce numérique intra-africain.

 Perton Biyiha

Publié le 26/02/26 02:28

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

qlbBYv8UloG-buxj67u9xlmTjMtBEQan0cPGt3ljY-Y False