Le Burkina Faso continue de démontrer sa capacité à mobiliser l'épargne régionale. À l'occasion de son intervention de ce 25 février sur le marché des titres publics de l'UMOA-Titres, le Trésor burkinabè a levé 65,99 milliards FCFA, dépassant son objectif initial fixé à 60 milliards FCFA. Une performance qui intervient deux semaines seulement après une opération déjà réussie le 11 février, et qui traduit une confiance persistante des investisseurs du marché financier régional, malgré un environnement économique et sécuritaire exigeant.
L'émission simultanée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d'Obligations assimilables du Trésor (OAT) a suscité un fort engouement. Les soumissions ont culminé à 174,48 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 290,8%. Face à cette demande abondante, Ouagadougou a retenu un peu moins de 38% des offres (taux d'absorption de 37,83%), privilégiant les propositions les plus compétitives, afin de maîtriser le coût de l'endettement.
L'opération portait sur quatre maturités :
• BAT 364 jours : 23,62 milliards FCFA mobilisés, avec un rendement moyen pondéré (RMP) de 6,57%.
• OAT 3 ans : 24,33 milliards FCFA retenus, RMP de 7,63%.
• OAT 5 ans : 3,94 milliards FCFA, RMP de 6,93%.
• OAT 7 ans : 14,1 milliards FCFA, RMP de 7,36%.
Les niveaux de rendement traduisent un arbitrage mesuré entre attractivité pour les investisseurs et soutenabilité pour l'État. Les maturités longues, notamment à 7 ans, témoignent d'une disposition des investisseurs à s'engager sur des horizons plus étendus, signe d'une confiance relative dans la trajectoire budgétaire du pays.
Les souscriptions retenues proviennent de six des huit États membres de l'Union monétaire. Le Burkina Faso arrive en tête avec 29,71 milliards FCFA, suivi de la Côte d'Ivoire (28,37 milliards FCFA), du Togo (4,12 milliards FCFA) et du Bénin (3,09 milliards FCFA). La Guinée-Bissau et le Sénégal complètent la liste avec des montants plus modestes.
Dans un environnement marqué par des défis sécuritaires persistants et des tensions budgétaires accrues, cette opération réussie envoie un signal positif. Elle atteste que, sur le marché régional, le Burkina Faso conserve un accès fluide aux ressources, condition essentielle pour financer ses dépenses prioritaires : investissements publics, fonctionnement de l'administration et soutien aux secteurs stratégiques. Au-delà des montants mobilisés, l'enjeu est désormais de préserver cette confiance. La gestion prudente de la dette, la discipline budgétaire et la poursuite des réformes structurelles resteront déterminantes pour maintenir un coût de financement soutenable.
Publié le 26/02/26 10:33
Narcisse Angan
SN
CEMAC