La Société nationale des hydrocarbures (SNH), entreprise publique en charge du secteur, a annoncé le 24 avril 2026 avoir retenu les compagnies Murphy West Africa Ltd et Octavia Energy Corporation Limited pour l'exploitation de cinq blocs pétroliers. Cette sélection intervient à l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt lancé le 1er août 2025, portant sur neuf blocs répartis entre les bassins du Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo.
Dans le détail, Murphy West Africa Ltd obtient quatre permis — Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem — tandis qu'Octavia Energy Corporation Limited se voit attribuer le bloc Bolongo Exploration. Filiale du groupe américain Murphy Oil Corporation, coté à New York, Murphy West Africa consolide ainsi sa présence dans le golfe de Guinée avec ces nouveaux permis. Déjà actif en Guinée équatoriale et en Côte d'Ivoire, le groupe est positionné sur l'exploration offshore, notamment en eaux peu profondes et intermédiaires, des segments ciblés par le Cameroun pour relancer l'activité.
Moins exposée médiatiquement, Octavia Energy Corporation Limited accède, pour sa part, au bassin du Rio del Rey, une zone historiquement productive qui concentre une part importante de la production nationale. Selon les critères définis par le Code pétrolier de 2019 et ses textes d'application, les offres retenues devaient intégrer des engagements techniques et financiers, incluant des programmes de travail avec forage exploratoire, ainsi que des dispositions en matière de contenu local et de formation, d'après les éléments communiqués par la SNH.
Les négociations qui s'ouvrent désormais avec Murphy et Octavia doivent permettre de fixer les conditions économiques, fiscales et opérationnelles des futurs contrats de partage de production. Pour les autorités, la concrétisation de ces accords en investissements effectifs conditionnera l'évolution de la production et des recettes dans un secteur où les délais de développement s'étendent sur plusieurs années.
Investissements en recul, production sous pression
Ces discussions interviennent dans un contexte de dégradation des indicateurs du secteur pétrolier et gazier. D'après l'Institut national de la statistique, les exportations d'hydrocarbures ont atteint 1 055,8 milliards de FCFA en 2025, soit 34,3 % des recettes totales d'exportation du pays. Ce montant recule toutefois de 327,5 milliards de FCFA sur un an, soit une baisse de 23,7 %, prolongeant une tendance enclenchée depuis 2020.
À cette évolution s'ajoute un repli des investissements. Les données de la SNH font état d'une baisse de 29,47 % en 2023, avec des dépenses ramenées à 169,5 milliards de FCFA contre 240 milliards un an plus tôt, notamment en raison de la contraction des engagements dans certains projets. Cette dynamique affecte directement les capacités de renouvellement des réserves et, à moyen terme, la production.
Dans ce contexte, le Fonds monétaire international anticipe une poursuite de l'érosion des recettes pétrolières, attendues en moyenne à 579,2 milliards de FCFA sur la période 2026-2027. Les négociations engagées s'inscrivent également dans un environnement marqué par des incertitudes sur le segment gazier. L'unité flottante de liquéfaction Hilli Episeyo, opérée par Golar en partenariat avec Perenco et la SNH au large de Kribi, a néanmoins dépassé les 10 millions de tonnes produites et expédié plus de quarante cargaisons depuis sa mise en service, illustrant le potentiel encore mobilisable du secteur.
Perton Biyiha
Publié le 27/04/26 14:05
La Rédaction
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