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Cameroun : Des retards persistants dans la mise en œuvre des réformes prolongent le séjour de Yaoundé sur la liste grise du GAFI

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La BRVM Ouvre dans 15h54min

Le Cameroun reste sous surveillance renforcée du Groupe d'action financière (GAFI). Dans sa mise à jour publiée à Paris le 30 octobre 2026, l'organisme maintient Yaoundé sur la " liste grise ", aux côtés de seize autres juridictions examinées depuis juin, dont l'Angola, le Kenya, le Liban et le Vietnam.

Cette liste regroupe les pays qui se sont engagés à corriger les faiblesses stratégiques de leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Le GAFI précise toutefois que cette inscription ne constitue pas, en elle-même, une recommandation d'appliquer des mesures de vigilance renforcée à l'égard de ces juridictions.

En juin 2023, après son inscription, le pays avait pris un engagement politique de haut niveau auprès du GAFI et du Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique centrale (GABAC), afin de remédier aux défaillances ayant motivé son placement sous surveillance renforcée.

Dans son évaluation du 19 juin 2026, le GAFI reconnaissait des avancées significatives, notamment l'amélioration de la transmission de renseignements financiers aux autorités compétentes et le renforcement des mesures visant la saisie d'avoirs aux frontières.

Ces progrès n'ont cependant pas suffi à justifier une sortie de la liste grise. L'organisme attendait encore un contrôle plus rigoureux des banques, des institutions financières non bancaires et des professions non financières, des échanges d'informations plus sécurisés avec la cellule de renseignement financier, des mécanismes plus efficaces de confiscation des avoirs criminels ainsi qu'une application effective des sanctions financières ciblées.

En août, Yaoundé affichait son optimisme

Quelques semaines plus tard, en août 2026, les autorités camerounaises se montraient confiantes quant à l'issue du processus. Jean Bertin Meba, directeur par intérim de l'Agence nationale d'investigation financière (ANIF), affirmait que " sur 24 actions recommandées au départ, nous sommes à ce jour à sept actions résiduelles à satisfaire ".

Il annonçait également l'envoi d'une délégation à Abidjan pour présenter le huitième rapport du Cameroun devant les experts du GAFI, à l'occasion d'une réunion en présentiel prévue la semaine suivante. L'objectif affiché était alors d'obtenir " la levée de la majorité des actions encore résiduelles et sous monitoring ".

Les sept actions encore en suspens concernaient notamment la supervision des acteurs financiers et non financiers, le contrôle des organismes à but non lucratif, la gestion des avoirs gelés, saisis ou confisqués, ainsi que l'application des sanctions ciblées. Ces chantiers révèlent une exigence centrale du GAFI : au-delà de l'adoption des textes et de la mise en place des dispositifs réglementaires, les autorités doivent démontrer leur efficacité sur le terrain.

La mise à jour du 30 octobre confirme que des progrès ont été accomplis, mais que plusieurs exigences restent à satisfaire. Le GAFI relève notamment une amélioration de la sécurité des échanges d'informations entre la cellule de renseignement financier, les entités déclarantes et les autorités compétentes. Il note également l'élaboration d'un plan de sensibilisation ciblant les organisations à but non lucratif les plus exposées aux risques de financement du terrorisme.

Ces avancées ne lèvent toutefois pas les réserves de l'organisme. Le Cameroun doit poursuivre la mise en œuvre de son plan d'action, en particulier en " démontrant l'efficacité de la mise en œuvre des régimes de sanctions financières ciblées contre le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, et en appliquant une approche fondée sur les risques aux organisations à but non lucratif, sans entraver leurs activités légitimes ".

Le GAFI exige également la mise en œuvre effective de procédures de saisie et de confiscation des produits et des instruments du crime.

Le constat final est sans équivoque : " Le GAFI relève que le Cameroun a continué de progresser dans la mise en œuvre de son plan d'action. Toutefois, toutes les échéances fixées sont désormais dépassées. "

Claude Paul Tjeg 

Publié le 03/11/26 09:48

La Rédaction

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