Au Sénégal, l'Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative 2026, ce mardi 3 novembre 2026. Ce verdict était prévisible puisque le texte avait déjà été rejeté à deux reprises en Commission des Finances. Les députés ont ainsi suivi la consigne du président du parti Pastef, Ousmane Sonko. Fustigeant un manque de sincérité budgétaire, ce dernier avait appelé au rejet des différents textes budgétaires.
Les députés justifient ce rejet par des incohérences et la suppression de plusieurs projets sociaux. ''À l'issue de deux journées de travaux en Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le Groupe parlementaire PASTEF - Les Patriotes a décidé de ne pas adopter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 en l'état.''
Voir aussi- Sénégal : L'Assemblée nationale vise les fonds spéciaux du président de la République
''Cette position ne remet pas en cause la nécessité de réviser le budget pour tenir compte des nouvelles contraintes économiques'', avait expliqué Pastef dans un communiqué.
Ainsi, Ousmane Sonko et ses partisans continuent d'appeler à préserver l'investissement public et les priorités sociales, notamment en réexaminant les coupes affectant la santé, l'éducation, la formation professionnelle, l'hydraulique, les infrastructures, l'industrie et les autres projets structurants de l'Agenda national de Transformation, et en faisant porter prioritairement les ajustements sur les dépenses non essentielles.
Voir aussi- Sénégal : Le projet de loi de finances rectificative 2026 renvoyée en commission
Ils invitent aussi le gouvernement à protéger le pouvoir d'achat des ménages et à réduire durablement le coût de l'énergie, car toute diminution des subventions énergétiques devra s'accompagner d'une réduction du niveau de taxation sur les produits pétroliers ainsi que des coûts d'approvisionnement et de production de l'électricité, sans augmentation des prix supportés par les ménages et les entreprises.
Reste maintenant à savoir quelle suite sera donnée à cette affaire. Il y a dix jours, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô, avait souligné que le gouvernement userait de tous les moyens légaux en cas de blocage.
Pour le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, la situation a des relents politiques. Il estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, prendra les responsabilités nécessaires afin de dépasser cette situation.
Publié le 03/11/26 12:30
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC