Le développement des compétences numériques s'impose comme un enjeu stratégique pour la Côte d'Ivoire, dans un contexte où les entreprises et les administrations accélèrent leur transformation technologique. Pour répondre à cette demande, Orange Côte d'Ivoire entend miser davantage sur le capital humain local, notamment dans les métiers du cloud, de la cybersécurité, des réseaux et de l'intelligence artificielle.
Cette ambition a été mise en avant le 29 octobre dernier par Mame Diop-Ba, directrice des opérations d'Orange Cloud & Cyber Solutions, lors d'un panel intitulé ‘'Bâtir des champions nationaux de la connaissance'', organisé en marge de la 14e édition de la CGECI Academy, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
Pour la responsable, la montée en puissance de ces métiers à forte demande nécessite un investissement conséquent dans la formation des ressources humaines. ‘'C'est un projet orienté sur le capital humain. Aujourd'hui, sur des métiers à forte tension comme le cloud, la cybersécurité et l'IA, il est clé pour nous de travailler sur ce capital. Parce que sans les hommes, on ne peut pas bâtir des compétences ni être souverain'', a-t-elle souligné.
Adapter les formations aux besoins du marché
Au-delà de l'acquisition de connaissances théoriques, Orange Côte d'Ivoire appelle à une meilleure adéquation entre les formations dispensées par les établissements d'enseignement et les exigences du marché de l'emploi. Selon Mame Diop-Ba, les jeunes professionnels doivent être préparés aux réalités opérationnelles des entreprises, particulièrement dans des secteurs où les technologies et les besoins évoluent rapidement. Les compétences techniques doivent ainsi être complétées par des aptitudes comportementales, telles que l'adaptabilité, l'ouverture d'esprit et la capacité à apprendre en permanence.
Le rapprochement entre les entreprises et les établissements de formation apparaît, dans cette perspective, comme un levier essentiel pour réduire les décalages entre les profils disponibles et les besoins des employeurs. Cette démarche vise également à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes dans les métiers du numérique, tout en permettant aux entreprises de disposer de ressources humaines qualifiées pour accompagner leur développement.
Créée en janvier 2025, Orange Cloud & Cyber Solutions, filiale d'Orange Côte d'Ivoire, intervient dans les services numériques destinés aux entreprises et aux administrations publiques. Son portefeuille couvre notamment le cloud, la cybersécurité, l'intelligence artificielle et la gestion des données. Elle accompagne des structures de différentes tailles, des très petites, petites et moyennes entreprises aux grandes organisations, dans leurs projets de transformation numérique.
Le plan numérique 2026-2028, un cadre pour renforcer les compétences
La priorité accordée à la formation par l'opérateur télécom rejoint les orientations des pouvoirs publics. En septembre 2026, le ministère de la Transition numérique et de l'Innovation technologique a présenté le plan d'accélération numérique 2026-2028, structuré autour de sept piliers, dont le développement des compétences numériques et le renforcement de la cybersécurité.
Ce programme prévoit la mise en œuvre de 40 projets prioritaires destinés à accélérer la transformation digitale de la Côte d'Ivoire. Le développement des compétences, particulièrement au profit des jeunes, figure parmi les axes majeurs de cette stratégie.
Dans un environnement marqué par la montée des usages numériques, la capacité à former des spécialistes locaux représente un enjeu de souveraineté. Elle doit permettre au pays de renforcer son expertise nationale, de réduire sa dépendance à certaines compétences extérieures et de mieux maîtriser les infrastructures et services numériques essentiels à son économie. La disponibilité de talents qualifiés constitue également un facteur d'attractivité pour les investissements dans les secteurs technologiques.
La recherche et l'innovation, autres leviers de production de connaissances
Au même panel, Dr Moussa Abdoul Kader Diaby, directeur général de l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro, a insisté sur le rôle des institutions de formation et de recherche dans la production de nouvelles connaissances.
Il a notamment évoqué les publications scientifiques, les brevets et les applications concrètes des résultats de recherche comme des moyens de valoriser les travaux académiques. Pour lui, les connaissances produites doivent pouvoir être transformées en solutions utiles à la société et en compétences répondant aux besoins des entreprises.
Cette approche souligne l'importance de renforcer les passerelles entre le monde académique, la recherche et le secteur privé, afin de faire émerger des innovations adaptées aux défis économiques du pays. Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu dépasse la seule formation de techniciens du numérique. Il s'agit de construire un écosystème capable de produire des compétences, de développer des solutions technologiques locales et de soutenir durablement la transformation de l'économie nationale.
Publié le 02/11/26 15:39
Narcisse Angan
SN
CEMAC