Au Sénégal se dessine, une guerre entre l'Éxécutif et le législatif. Le nerf de la guerre est les fonds politiques du président de la République communément appelés fonds spéciaux ‘'ou caisses noires''. Les députés à leur tête, le président de l'hémicycle Ousmane Sonko veulent encadrer ou faire sauter ce chapitre budgétaire dont l'usage reste secret. C'est selon eux pour garantir plus de transparence dans la gestion.
C'est ainsi que le lundi 10 août, la première session extraordinaire de l'année s'est tenue. Pour les quinze prochains jours, les députés vont se pencher sur cinq textes de loi en tout. Deux de ces textes, portés par la majorité Pastef, seront examinés en procédure d'urgence. Ces différents textes politiques, ils prolongent de nouveau dans l'hémicycle le face-à-face entre le camp d'Ousmane Sonko et celui de Bassirou Diomaye Faye. Car les députés vont statuer sur des propositions de loi relatifs aux fonds spéciaux.
Pour les députés de Pastef, la transparence ne rime pas avec une caisse noire non encadrée ou incontrôlée. Ainsi, ils comptent faire tout pour encadrer ou faire sauter ces fonds spéciaux. Pour eux, il s'agit d'abord du respect d'un engagement pris avant la présidentielle de 2024. D'autre part, ils y voient une opportunité d'assainir la gestion des finances publiques mais aussi de réduire les pouvoirs politiques du président de la République.
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De son côté, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko a toujours montré son opposition à l'existence de fonds politiques ou caisses noires. Il considère cela contraire aux vertus et aux principes de transparence, de transparence, de redevabilité et de bonne gestion des deniers publics.
Du bord du pouvoir, les réactions ne se font pas attendre. Des membres de ''Kiiray, les Patriotes républicains'', parti du Chef de l'État Bassirou Diomaye Faye parlent de faux débat. A les en croire, il s'agit d'un faux débat car en tant que premier ministre, il a bénéficié de fonds politiques durant deux ans, sans pour autant dénoncer l'existence de cette caisse à la Primature. Ainsi, ils y voient un acte politique.
Pour le député Thierno Alassane Sall, il faut s'attaquer même à la légitimité même des ''fonds politiques" à l'Assemblée nationale, parce qu'ils n'ont jamais été soumis au vote de l'Assemblée nationale. Selon lui, ces fonds auraient été intégrés au budget sous l'appellation de "fonds spéciaux", sans validation parlementaire formelle. Il qualifie de détournement, toute utilisation, par le président de l'Assemblée nationale, de fonds qu'il assimile à des fonds politiques.
Au Sénégal, le montant global des fonds dits "politiques", spéciaux ou d'intervention alloués à la présidence de la République est traditionnellement évalué entre 7,9 milliards FCFA et 8 milliards de francs FCFA par an. Ces fonds souverains ou spéciaux sont gérés de manière discrétionnaire par l'exécutif pour faire face à des urgences, des actions d'intervention sociale ou des dépenses liées à la souveraineté.
Publié le 12/08/26 09:05
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC