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Cameroun : La filiale du suisse Barry Callebaut menace de se séparer d’actionnaires fantômes

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La Société industrielle camerounaise des cacaos (Sic Cacaos), filiale du groupe suisse-belge Barry Callebaut, a engagé une démarche rare dans le paysage des affaires au Cameroun. Elle veut reprendre contact avec trois actionnaires dont elle est sans nouvelles depuis des années, et pourrait se résoudre à les écarter définitivement.

Dans un avis publié le 11 août dans le quotidien national, cet acteur majeur de la transformation du cacao au Cameroun cite nommément la Compagnie d'Assurance Mutuelles, Salomon Leila et Justin Sunjio. Tous ont cessé de répondre aux convocations aux assemblées générales, même lorsque celles-ci leur étaient adressées individuellement à leur dernière adresse connue. La direction les invite désormais, ainsi que toute personne disposant d'informations, à se signaler par courrier ou par e-mail. À défaut, les parts pourraient être déclarées en déshérence, une mesure irréversible prévue par la loi " pour clarifier l'actionnariat et protéger la société ".

Ce signal envoyé au marché intervient alors que la maison mère traverse une phase de transformation mondiale. Barry Callebaut a lancé en 2024 un vaste plan baptisé “BC Next Level”, destiné à simplifier ses opérations, accélérer sa transition numérique et réduire ses coûts. Quelque 2 500 postes étaient visés à l'échelle internationale, principalement en Europe, dont environ 500 en Belgique sur les sites de Wieze, Lokeren et Hal. La filiale camerounaise ne serait pas directement concernée, a indiqué la communication du groupe, tout en promettant des précisions.

Pour l'instant, Sic Cacaos reste un pilier de la transformation du cacao au Cameroun. Lors de la campagne 2022-2023, elle a broyé 51 358 tonnes de fèves locales, confirmant son rôle stratégique dans une filière clé pour l'économie nationale. Toutefois, fin 2022, les capitaux propres de l'entreprise sont tombés sous la moitié de son capital social de 6,885 milliards de FCFA, la plaçant en situation de “faillite technique” au sens de l'Acte uniforme OHADA. Ce constat a conduit à la nomination, fin 2023, de Mamadou Ly, diplômé de l'Université de Poitiers, avec pour mission de rétablir l'équilibre financier.

À cette équation s'ajoute une concurrence plus pressante. Neo Industry, avec une capacité de 32 000 tonnes, et Atlantic Cocoa, pouvant passer de 48 000 à 68 000 tonnes, grignotent le terrain.

Perton Biyiha

Publié le 12/08/25 12:13

La Rédaction

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