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Cameroun : La pénurie d’électricité contraint Lafarge à suspendre les activités de sa nouvelle unité de production dans le Nord

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À peine un an après l'inauguration officielle de sa nouvelle unité industrielle de Figuil, dans le nord du Cameroun, le groupe suisse LafargeHolcim Maroc Afrique (LHMA), à travers sa filiale Les Cimenteries du Cameroun (Cimencam), est confronté à un arrêt forcé d'une partie de ses activités.

Dans une correspondance adressée à ses clients le 2 juin 2026, la direction des ventes et du marketing de cette unité, baptisée Cimfig, explique avoir été informée par la Société camerounaise de distribution de l'électricité dans le Grand Nord (Socadel) de difficultés majeures affectant le réseau électrique qui dessert la région. Selon cette lettre consultée par notre rédaction, " la société Socadel, après nous avoir notifié qu'une crise énergétique majeure traverse actuellement la région du Nord, a pris des mesures visant à assurer l'effacement temporaire de notre site de production du Réseau interconnecté Nord ".

La même correspondance précise que " cette situation, indépendante de notre volonté, impacte directement l'alimentation électrique de notre usine et nous contraint à observer un arrêt temporaire non programmé de l'ensemble de nos opérations sur ce site pour une période indéterminée à ce jour ", écrit l'entreprise à ses clients.

Cet arrêt intervient dans un contexte de fragilité persistante de l'approvisionnement électrique dans le Grand Nord. Le Réseau interconnecté Nord (RIN) dépend en grande partie du barrage hydroélectrique de Lagdo. Or, durant la saison sèche, la baisse du niveau d'eau dans le bassin de la Bénoué réduit mécaniquement les capacités de production disponibles.

À cette contrainte saisonnière s'ajoute une pluviométrie jugée insuffisante en 2025, qui n'aurait pas permis un remplissage optimal de la retenue de Lagdo avant le début de l'année 2026. Les infrastructures de transport de l'électricité ainsi que le réseau de distribution dans les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord demeurent par ailleurs confrontés à d'importantes limites techniques.

Les centrales thermiques mobilisées en complément du barrage restent également dépendantes de l'approvisionnement en carburant et des capacités financières des opérateurs du secteur. Dans le même temps, la demande en électricité progresse plus rapidement que les capacités de production disponibles dans cette partie du pays, accentuant les tensions sur le réseau.

Cette nouvelle difficulté énergétique survient alors que le secteur électrique camerounais fait également face à des perturbations dans la partie méridionale du pays. Dans une note d'information publiée le 2 juin, le ministère de l'Eau et de l'Énergie a indiqué que les filiales camerounaises du producteur indépendant britannique Globeleq avaient retiré une partie de leurs capacités de production du Réseau interconnecté Sud (RIS).

Selon le ministère, " le lundi 1er juin 2026 à 9 heures, les sociétés de production du groupe Globeleq (KPDC et DPDC) ont procédé au retrait des capacités de production des centrales thermiques de Kribi et de Dibamba du Réseau interconnecté Sud ".

Toujours selon le ministère, ce retrait a entraîné " une réduction significative des capacités de production disponibles sur le RIS, avec pour conséquence des perturbations dans l'alimentation électrique et des délestages affectant 40 % des usagers des régions du Littoral et de l'Ouest ".

Pour mémoire, inaugurée officiellement par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, la nouvelle ligne de production de Cimfig constitue l'un des investissements industriels les plus importants réalisés ces dernières années dans le nord du Cameroun. Implantée sur une superficie de 22 hectares, elle a mobilisé un investissement de 60 milliards de FCFA, soit environ 91 millions d'euros.

Grâce à ce projet, la capacité annuelle du site de Figuil est passée de 150 000 à 500 000 tonnes de ciment. L'installation est dimensionnée pour produire quotidiennement 1 900 tonnes de ciment et 1 000 tonnes de clinker.

Au-delà du marché camerounais, ce projet a également été conçu pour approvisionner les pays enclavés de la sous-région, notamment le Tchad et la République centrafricaine. L'usine de Figuil constitue ainsi un maillon stratégique du dispositif industriel et commercial de Cimencam en Afrique centrale.

Perton Biyiha

Publié le 09/06/26 10:27

La Rédaction

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