La baisse de la production d'hydrocarbures se poursuit au Cameroun. Selon les données publiées par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la production nationale de pétrole brut s'est établie à 19,374 millions de barils en 2025, contre 21,377 millions de barils en 2024. Après le recul de 10,49 % enregistré entre 2023 et 2024, le pays a donc vu sa production diminuer de 9,37 % supplémentaires sur un an.
Cette évolution confirme l'érosion progressive des volumes extraits dans un pays où la production pétrolière demeure l'un des principaux piliers des recettes publiques, des exportations et de l'approvisionnement en devises. La SNH indique par ailleurs que 12,702 millions de barils de pétrole brut ont été commercialisés pour le compte de l'État au cours de l'exercice 2025.
Les difficultés observées en 2025 s'inscrivent dans une tendance déjà perceptible l'année précédente. Dans son bilan de l'exercice 2024, la SNH expliquait que le recul des volumes extraits était " principalement lié à la mauvaise performance du champ Oak du Contrat de partage de production Bolongo ainsi qu'aux multiples arrêts des plateformes des champs du bassin de Rio Del Rey ". L'entreprise signalait également une diminution des réserves disponibles.
Au 31 décembre 2024, les réserves d'huile restantes dans les concessions et autorisations exclusives d'exploitation étaient estimées à 214,15 millions de barils, contre environ 235,55 millions de barils un an plus tôt, soit une baisse de 9,08 %. Cette contraction des réserves contribue à alimenter les inquiétudes sur la capacité du pays à maintenir ses niveaux de production à moyen terme.
Parallèlement à la baisse de la production, les indicateurs de l'amont pétrolier traduisent un ralentissement des efforts d'exploration. Les investissements consacrés à cette activité ont reculé de 18,27 % en 2024 pour s'établir à 254,87 millions de dollars. Les principales campagnes d'exploration ont concerné les associations Mokoko-Abana, Moabi et Rio Del Rey.
Dans le même temps, la superficie totale couverte par des contrats pétroliers et gaziers atteignait 10 654,23 km² au 31 décembre 2024, sur un domaine national évalué à 33 159 km². Afin de relancer l'intérêt des investisseurs, la SNH a toutefois engagé, au cours de l'année 2025, des négociations avec deux compagnies étrangères portant sur cinq des neuf blocs actuellement disponibles à la promotion et à la négociation, soit une superficie totale de 19 626,89 km².
L'activité de forage est, elle aussi, demeurée limitée. Cinq puits ont été forés en 2024, dont quatre puits de développement et un puits d'appréciation dans le bassin de Rio Del Rey. Dans le champ Sanaga Sud, deux puits seulement ont été réalisés sur les quatre programmés.
Malgré ce contexte marqué par le recul de la production et le ralentissement de certaines activités d'exploration, le secteur pétrolier continue de contribuer de manière significative aux finances publiques. La SNH indique qu'au titre de l'exercice 2025, le solde transférable à l'État s'élève à 364,580 milliards de FCFA. L'entreprise précise également avoir versé 27,71 milliards de FCFA au titre de divers impôts et taxes, ainsi que 20,04 milliards de FCFA de dividendes.
Perton Biyiha
Publié le 03/06/26 12:43
La Rédaction
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CEMAC