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Cameroun : Le fer de Ngovayang au cœur d’un projet industriel majeur vers l’Europe

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Le fer de Ngovayang, dans le sud du Cameroun, s'impose comme un élément stratégique dans les négociations entre l'industriel allemand Thyssenkrupp et le groupe indien Jindal Steel International, rapporte Reuters. Selon l'agence, Jindal prévoit d'alimenter le complexe sidérurgique de Duisbourg, en Allemagne, avec du minerai de fer extrait de ce gisement camerounais dont il détient les droits via sa filiale Camina SA.

Cette dimension africaine du dossier intervient alors que Thyssenkrupp s'apprête à ouvrir davantage l'accès de Jindal Steel aux données financières de sa filiale Thyssenkrupp Steel Europe (TKSE), deuxième producteur d'acier du continent derrière ArcelorMittal. À partir de la semaine prochaine, le groupe indien entamera une nouvelle phase de due diligence, selon deux sources proches du dossier citées par Reuters.

Le mois dernier, Jindal Steel a déposé une offre indicative pour la reprise de TKSE. Son président, Naveen Jindal, a rencontré le 8 octobre à Duisbourg les dirigeants de Thyssenkrupp, les représentants du personnel et le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ces échanges ont confirmé la volonté du groupe indien d'investir en Europe, notamment dans la production d'acier décarboné.

Selon Reuters, Jindal s'est engagé à achever une unité de réduction directe à Duisbourg destinée à produire de l'acier neutre en carbone, avec un plan d'investissement de plus de 2 milliards d'euros dans des fours électriques. Dans ce cadre, le minerai issu du projet de Ngovayang serait exporté vers l'Allemagne pour alimenter cette unité.

Au Cameroun, le projet est suivi par le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique (Minmidt). Le 18 juin 2024, le ministre par intérim Fuh Calistus Gentry a reçu Naveen Jindal pour faire le point sur l'avancement du gisement. Selon le Minmidt, Camina SA détient trois permis de recherche couvrant 938 km² dans la région du Sud. Ces permis, délivrés pour deux ans, arrivaient à échéance le 22 septembre 2024.

La société a annoncé son intention d'installer les infrastructures minières et d'enrichissement nécessaires dans les six mois, en sollicitant l'appui de l'État pour l'aménagement routier et l'approvisionnement en gaz naturel. Le projet comprend une phase minière, une unité de traitement du fer, et un système de transport par pipeline jusqu'au port en eau profonde de Kribi.

Les estimations de réserve varient selon les sources. Le Minmidt évoque 800 millions de tonnes de ressources minérales, dont 300 millions de tonnes de fer à 35 % de teneur moyenne, tandis que le rapport de la Convention internationale des mines du Cameroun (CIMEC), tenue en mai 2024, mentionne 111,42 millions de tonnes destinées à l'enrichissement.

Le développement du projet devrait générer, selon les chiffres officiels, 2 000 emplois directs pendant la construction, 1 000 emplois directs à l'exploitation et 20 000 emplois indirects dans la chaîne de valeur.

Perton Biyiha

Publié le 22/10/25 17:05

La Rédaction

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