Cameroun : Le gouvernement augmente de 15% les prix du super et du gasoil

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Le prix du carburant dans les essenceries camerounaises est en augmentation de 15% depuis ce 3 février 2024. Cette hausse a été décidée la veille par le gouvernement à l'issue d'une réunion de concertation à laquelle prenaient part les organisations syndicales.

Ainsi, le litre d'essence (Super) est passé de 730 FCFA à 840 FCFA (environ 1,4 dollars), tandis que le gasoil passe de 720 FCFA à 828 FCFA (1,3 dollars). C'est la deuxième augmentation des prix à la pompe dans ce pays d'Afrique centrale en l'espace de 12 mois. On se souvient qu'à la même période l'année dernière, les autorités avaient respectivement augmenté de 15% et 25% les prix du super et du gasoil. Entre les deux périodes, le prix du pétrole lampant, utilisé par les couches sociales défavorisées, est resté inchangé à 350 FCFA (0,53 euro) le litre ainsi que celui du gaz domestique, maintenu à 6 500 FCFA (9,88 euros) la bouteille de 12,5 kg.

Voir aussi : Cameroun : Afin de réduire les subventions, l'Etat augmente de 16% et 25% les prix du gasoil et du super

Le Cameroun devient ainsi le second pays de de la zone CEMAC où les prix officiels sont les sont les plus onéreux pour le consommateur. Avec 775 FCFA le litre d'essence et 625 FCFA le gasoil, le Congo arrive en 3ème position suivi du Gabon. Les autorités de transition ont, en début d'année, procédé à une légère baisse des coûts faisant ainsi passer les prix à 595 FCFA et 575 FCFA respectivement.

Le coût du gasoil reste élevé au Tchad (700 FCFA) tandis que le prix de l'essence (518 FCFA) reste relativement bas par rapport aux trois pays sus cités. Les stations-services équato-guinéennes affichent, pour le moment, les prix les plus abordables ( 495 FCFA super et 470 FCFA gasoil) dans la CEMAC. La RCA ne produit pas de pétrole et reste le pays où le carburant est le plus cher, soit 1300 FCFA pour l'essence et 1450 FCFA le litre de gasoil.



Tensions budgétaires

Le gouvernement camerounais a déclaré que cette nouvelle hausse des prix visait à “résorber les contraintes budgétaires croissantes auxquelles l'État est confronté, et d' éviter les tensions dans l'approvisionnement du marché national en produits pétroliers”. Plus tôt, le 31 décembre 2023, le président de la république avait annoncé les couleurs d'une nouvelle hausse prétextant que les subventions publiques accordées pour stabiliser les prix de ces produits étaient devenues intenables pour le budget de l'État.

“Cette subvention continue de peser significativement sur le Trésor public. Nous n'aurons très certainement pas d'autre choix que de la réduire de nouveau”. Selon Paul Biya, le premier réajustement des prix a permis à son gouvernement de réduire de 640 milliards FCFA la facture des subventions au carburant en 2023. Celles-ci étaient de 1000 milliards FCFA en 2022 et de 159 milliards FCFA en 2021, tirés par la flambée des cours mondiaux dans le sillage de la guerre en Ukraine.

L'augmentation des prix des produits pétroliers devrait avoir des répercussions immédiates sur le pouvoir d'achat des ménages dont les conditions de vie sont rendues âpres depuis du fait de l'envolée des prix intérieurs. Selon l'INS, le statisticien public, l'inflation annuelle a atteint un pic de 7,7% en octobre 2023, soit le taux le plus élevé depuis 1995.

Voir aussi : Cameroun: L'inflation se maintient à 7,7% en octobre 

Afin d'atténuer l'impact de cette décision sur les ménages, le gouvernement camerounais a annoncé qu'il procéderait à une revalorisation de 5% des revenu des agents publics, un allègement de certaines charges fiscales et douanières dans le secteur des transports routier et à l'ouverture d'un dialogue avec le secteur privé sur la revalorisation du SMIG.

Cédrick JIONGO

La Rédaction

Publié le 03/02/24 12:17

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