En tant qu'exportateur de pétrole brut, le Cameroun a enregistré des effets positifs au niveau de ses finances publiques (+91% pour les recettes pétrolières en 2022) et de sa situation extérieure. Toutefois, l'intensification de la hausse des prix mondiaux et des perturbations de l'approvisionnement a alourdi le coût des subventions aux carburants qui est passé de 153 milliards FCFA (233 millions d'euros) en 2021 à 765 milliards FCFA (1,16 milliard d'euros) en 2022 soit près de 3% du PIB.
Avec le FMI, les autorités camerounaises ont convenu de la nécessité de réduire de manière progressive ces subventions. Ainsi, en 2023, elles devraient être réduites à 350 milliards FCFA (1,3% du PIB), soit la moitié de l'enveloppe pour l'exercice précédent, a déclaré Cyrille Alo'o Edou, le directeur général du budget. Ce qui signifie qu'on assistera très prochainement à un réajustement à la hausse des prix à la pompe étant donné que les projections n'anticipent pas sur une accalmie sur les marchés internationaux.
Voir aussi - Cameroun : Près 700 milliards FCFA de subvention au carburant en 2022
" Compte tenu de la fragilité du contexte socio-économique, les services du FMI recommandent d'augmenter les prix des combustibles en 2023 ", indique un récent rapport du FMI. De quoi enfoncer davantage le revenu réel pour un grand nombre de ménages, dont le panier de consommation s'amoindrit depuis le début de l'année.
" La volonté de protéger les ménages les plus vulnérables exige de différencier les hausses de prix en appliquant un taux d'augmentation beaucoup plus bas au pétrole lampant qu'aux autres combustibles, comme le super ou le diesel, ou en laissant son prix inchangé ", suggère toutefois le FMI.
Rappelons que la dernière réduction importante des subventions aux prix des carburants entreprise par le Cameroun remonte à 2014. Ce qui avait provoqué une hausse de 15% des prix à la pompe. Cette situation s'était accompagnée de mesures d'atténuation qui comprenaient une hausse des salaires de 5 % dans la fonction publique, une augmentation de 28 % des salaires minimums, une réduction des taxes payées par les transporteurs, les taxis et les autobus.
Fernand Ghokeng
Publié le 19/01/23 14:52
La Rédaction
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