Le Cameroun est repassé sous le seuil communautaire d'inflation fixé par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Selon la note de conjoncture mensuelle publiée par l'Institut national de la statistique (INS), le taux d'inflation moyen sur les douze derniers mois s'est établi à 2,9 % en février 2026, contre 3,1 % en janvier et 3,4 % en décembre 2025. Il s'agit de la première fois depuis mars 2022 que cet indicateur repasse sous la norme de convergence de 3 % retenue par les pays de la zone CEMAC.
Cette amélioration intervient dans un contexte de ralentissement progressif de la hausse des prix observée depuis plusieurs mois. Toutefois, elle ne signifie pas une disparition des tensions inflationnistes, celles-ci demeurant concentrées sur certains postes de consommation essentiels, notamment l'alimentation.
À l'échelle mensuelle, les prix à la consommation finale des ménages ont augmenté de 0,1 % en février, après deux mois consécutifs de baisse. Selon l'INS, cette légère remontée est principalement imputable au rebond des prix des produits alimentaires, qui ont eux aussi progressé de 0,1 % sur un mois.
L'alimentation continue de tirer les prix vers le haut
Malgré le ralentissement global de l'inflation, les produits alimentaires demeurent le principal facteur de hausse des prix. L'INS souligne que " la dynamique des prix reste largement tirée par les produits alimentaires, dont les prix enregistrent une hausse de 6,3 % sur les douze derniers mois ". Ces produits continuent d'exercer une forte influence sur l'évolution du niveau général des prix en raison de leur poids important dans la consommation des ménages, mais aussi de la sensibilité de leur offre aux conditions d'approvisionnement, aux coûts de transport et aux aléas de production.
Les données détaillées de l'INS confirment cette tendance. Les prix de la catégorie " produits alimentaires et boissons non alcoolisées " affichent une progression annuelle de 6,1 %, soit un rythme nettement supérieur à l'inflation moyenne observée dans l'ensemble de l'économie.
D'autres indicateurs témoignent toutefois d'un ralentissement des pressions inflationnistes sur plusieurs segments de la consommation. L'inflation sous-jacente — qui exclut les produits frais, les produits pétroliers et le gaz domestique — s'établit à 1,8 %. De son côté, l'inflation des prix de l'énergie atteint 1,6 %. En revanche, celle des produits frais grimpe à 9,9 %, confirmant le rôle central de cette catégorie dans l'évolution récente des prix.
L'origine de l'inflation demeure par ailleurs essentiellement domestique. Sur les douze derniers mois, les prix des produits locaux ont progressé de 3,4 %, contre 1,7 % pour les produits importés. Selon l'INS, cet écart s'explique notamment par la hausse des coûts de production, la dépendance à certains intrants importés, les contraintes logistiques internes ainsi que le dynamisme relatif de la demande intérieure.
Perton Biyiha
Publié le 19/06/26 16:25
La Rédaction
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CEMAC