En fin de mission au Cameroun, l'ambassadeur des États-Unis d'Amérique, Christopher Lamora, a dressé un état des lieux des relations économiques entre Washington et Yaoundé, dans un entretien accordé à Cameroon Tribune, le quotidien gouvernemental. Après quatre années passées au Cameroun, le diplomate américain évoque une amélioration globale des relations bilatérales, tout en pointant de manière explicite les insuffisances persistantes du climat des affaires, qu'il juge peu favorable à une présence accrue des entreprises américaines.
" J'aimerais sincèrement voir davantage d'entreprises américaines investir au Cameroun, développer des relations commerciales et créer des partenariats, y compris des coentreprises entre sociétés américaines et camerounaises. C'est bénéfique pour les deux pays : cela crée des emplois aux États-Unis, soutient l'industrie américaine – ce qui est une priorité du président Trump – et stimule également l'économie camerounaise. Le climat des affaires au Cameroun n'est pas toujours propice à ce type de relations. Il doit être amélioré afin d'encourager les investissements étrangers ", a-t-il déclaré.
Au cœur des préoccupations américaines figurent la sécurité juridique et la confiance des investisseurs. " Il s'agit notamment de la confiance des investisseurs et de l'indépendance de la justice. Un investisseur américain doit avoir la certitude qu'en cas de litige avec l'État ou un partenaire local, il bénéficiera d'un procès équitable ", affirme Christopher Lamora. Il relève également que " l'absence d'investisseurs américains soulève des interrogations " et rappelle que l'ambassade des États-Unis a rendu publique " une déclaration détaillant clairement les défis auxquels sont confrontées les entreprises américaines ".
Les relations économiques entre Yaoundé et Washington sont loin d'être insignifiantes. Le 6 septembre 2017, le président de la République, Paul Biya, recevait en audience à Yaoundé Michael Stephen Hoza, alors ambassadeur des États-Unis en fin de séjour. Au sortir de cette rencontre, le diplomate américain a indiqué que les investissements commerciaux américains au Cameroun se sont élévés à plus de 2 milliards de dollars entre 2014 et 2017. Il a egalement évoqué l'impact des entreprises américaines dans les secteurs aérien et ferroviaire, citant notamment l'expertise de Boeing sollicitée pour la compagnie publique nationale Camair-Co et l'intervention de General Electric pour la fourniture de locomotives en amont de la Coupe d'Afrique des nations.
Malgré ces précédents, les États-Unis restent un acteur secondaire face aux partenaires dominants du Cameroun. Entre 2000 et 2014, environ 67 % des investissements directs étrangers reçus par le pays provenaient de la Chine, selon des données issues de sources institutionnelles. Sur la période, le Cameroun a capté environ 2 750 milliards de FCFA d'IDE, dont 1 850 milliards de FCFA d'origine chinoise. Ces investissements ont largement financé les grands projets structurants du pays.
La France demeure également un partenaire économique majeur. D'après la direction générale du Trésor français, le stock d'IDE français au Cameroun s'élevait à 481,5 milliards de FCFA en 2021. En 2022, près de 200 entreprises françaises ou à capitaux français étaient actives dans le pays, principalement dans les secteurs clés de l'économie.
Perton Biyiha
Perton Biyiha
Publié le 07/01/26 12:41
La Rédaction
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CEMAC