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CEMAC : Avec un encours de 5 973,6 milliards de FCFA, les SVT détiennent désormais 63 % des titres publics

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Dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), les États continuent de s'appuyer massivement sur le système bancaire pour financer leurs besoins budgétaires. Les Statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC – janvier 2026 indiquent qu'au 31 janvier 2026, l'encours total des valeurs du Trésor dans la sous-région atteint 9 451,5 milliards de FCFA. L'analyse de la structure de détention de ces titres montre une concentration toujours très forte autour des spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), un statut attribué à certaines banques commerciales chargées d'intervenir régulièrement sur le marché primaire de la dette publique.

Selon ces statistiques, les SVT détiennent à eux seuls 5 973,6 milliards de FCFA de titres publics. Rapporté à l'encours global du marché, ce montant représente environ 63 % de la dette émise par les États de la zone CEMAC. Les autres banques, qui ne disposent pas du statut de SVT mais participent également aux adjudications, détiennent 1 297,3 milliards de FCFA de titres publics, soit environ 13,7 % de l'encours total.

Les investisseurs institutionnels occupent la troisième place avec un portefeuille de 1 808,8 milliards de FCFA. Ce groupe, composé principalement de compagnies d'assurances, de caisses de retraite et de fonds d'investissement, représente près de 19,1 % de la dette publique régionale. La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) apparaît également parmi les détenteurs de titres publics. L'institution monétaire détient 84,2 milliards de FCFA de valeurs du Trésor, soit environ 0,9 % de l'encours total. Ce portefeuille résulte notamment d'interventions destinées à soutenir la liquidité du marché.

Les particuliers restent quant à eux marginalement présents. Les statistiques de janvier 2026 indiquent que 2 219 investisseurs individuels détiennent ensemble 287,6 milliards de FCFA de titres publics, soit un peu plus de 3 % du stock total de dette. La structure de détention des titres confirme ainsi une forte concentration du financement public autour d'un nombre limité d'acteurs financiers, essentiellement les banques commerciales.

Cette concentration constitue l'un des défis structurels du marché obligataire régional. D'après Moh Sylvester Tangongho, directeur général du Trésor au Cameroun, la dépendance vis-à-vis d'un cercle restreint d'investisseurs explique en partie certaines tensions observées lors des levées de fonds. " Les banques, qui détiennent l'essentiel des titres publics, sont en effet soumises à des plafonds réglementaires fixés par la Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac). Ces règles limitent leur exposition aux dettes souveraines. Lorsque ces seuils sont atteints, leur capacité à participer à de nouvelles émissions diminue mécaniquement ", souligne-t-il

Dans ce contexte, les autorités financières encouragent le développement du marché secondaire afin de favoriser une circulation plus active des titres. " L'objectif consiste à inciter les banques à céder une partie de leurs portefeuilles à d'autres investisseurs, qu'il s'agisse d'entreprises, de fonds ou de particuliers, afin de libérer de la capacité pour de nouvelles émissions " , préconise le haut responsable camerounais

Cette question de la concentration du financement public avait déjà suscité des mises en garde de la Banque des États de l'Afrique centrale en 2025. Dans son analyse sur la politique monétaire, l'institution indiquait que les créances nettes du système bancaire sur les États avaient progressé de 7,5 % pour atteindre 10 873,6 milliards de FCFA en juin 2025, reflétant la persistance des besoins de financement budgétaire dans la région.

La BEAC soulignait alors que cette évolution " appelait à une vigilance accrue face au risque d'éviction du secteur privé et à la surexposition du système bancaire au risque souverain, c'est-à-dire la possibilité qu'un État rencontre des difficultés à honorer ses engagements financiers ".

Perton Biyiha

 

 

Publié le 05/03/26 10:57

La Rédaction

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