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CEMAC : La BEAC injecte 400 milliards sur le marché monétaire dans un contexte de resserrement des conditions de crédit

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La Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) a lancé le 9 juin 2026 une opération principale d'injection de liquidités d'un montant de 400 milliards FCFA, avec une date de valeur fixée au 11 juin et une échéance au 18 juin 2026. L'opération, conduite à taux variables avec offres fermes, s'appuie sur un taux plancher de 4,75 %, niveau auquel la BEAC avait relevé son TIAO en décembre 2025, marquant un tournant dans l'orientation de sa politique monétaire.

Ce relèvement du Taux d'intérêt des appels d'offres, intervenu en fin d'année dernière, a déjà produit des effets mesurables sur les conditions de financement dans la zone. Selon le rapport trimestriel de la BEAC sur les taux débiteurs au quatrième trimestre 2025, les taux moyens pratiqués par les établissements de crédit dans la CEMAC ont bondi de 146 points de base en un seul trimestre, passant de 9,45 % au troisième trimestre à 10,91 % au quatrième. La transmission de la politique monétaire vers l'économie réelle est donc rapide et la nouvelle injection à 4,75 % confirme que la banque centrale ne signale aucun assouplissement à court terme.

Pour les banques de la sous-région, l'enjeu est non négligeable. Le rapport du quatrième trimestre 2025 révélant que le volume des nouveaux crédits a reculé de 4,76 % en variation trimestrielle, à 3 007,1 milliards FCFA, après un pic à 3 157,2 milliards au trimestre précédent. Ce repli, conjugué à la remontée des taux, dessine un environnement de financement plus restrictif, dans lequel l'accès au refinancement de la banque centrale devient d'autant plus stratégique que les banques concentrent 99,55 % de l'offre de crédit dans la zone, les établissements financiers ne pesant que 0,45 % des nouveaux concours.

La tension est particulièrement perceptible dans certains pays. Au Gabon, les taux débiteurs moyens ont atteint 21,06 % au quatrième trimestre 2025, faisant du pays le plus cher de la CEMAC en matière de coût du crédit. En RCA, ils restent à 14,04 %. Seul le Cameroun affiche des conditions relativement contenues, à 8,38 %, tirant la moyenne régionale vers le bas. Dans ce contexte de divergence croissante entre les États membres, la politique de refinancement uniforme de la BEAC avec un taux unique pour six économies aux structures très différentes, continuera d'alimenter le débat sur l'efficacité de la transmission monétaire dans la zone CEMAC.

Idrissa Diakité

Publié le 10/06/26 12:54

La Rédaction

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