La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) durcit les règles applicables aux recettes en devises des compagnies pétrolières et minières opérant dans la zone CEMAC. Dans un communiqué publié à Yaoundé le 23 avril 2026, l'institution monétaire annonce un relèvement progressif des taux de rapatriement exigés.
" La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) porte à la connaissance du public, et plus particulièrement des opérateurs économiques de la CEMAC, l'adoption d'une nouvelle instruction relative au relèvement progressif du taux de rapatriement des devises issues des activités des entreprises extractives dans la CEMAC. Actuellement fixé à 35 % (trente-cinq pour cent), le taux de rapatriement dans la CEMAC des recettes d'exportation des sociétés extractives (hydrocarbures, mines, etc.) sera relevé selon un calendrier progressif et prévisible, conformément à l'instruction n°001/GR/2026 du 23 avril 2026 ", indique la banque centrale dans ce document officiel. Le calendrier communiqué prévoit un passage à 50 % à partir du 1er janvier 2027, puis à 70 % dès le 1er janvier 2028.
Pression sur les réserves et dépendance extérieure
Ce durcissement s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur les réserves de change de la CEMAC. Celles-ci se sont établies à 8 769 milliards de FCFA à fin février 2026, en recul de plus de 10 % sur un an, selon les données régionales. La dynamique attendue à moyen terme demeure préoccupante. D'après des estimations de l'Union économique de l'Afrique centrale publiées en 2025, les réserves pourraient tomber autour de 1,2 mois d'importations à l'horizon 2029, contre 2,3 mois en 2025, soit un niveau inférieur aux standards généralement retenus pour les unions monétaires.
Dans ce contexte, la BEAC souligne que " ce relèvement progressif vise à renforcer l'impact positif des recettes d'exportation sur les réserves de change, tout en préservant une trajectoire réglementaire prévisible pour les entreprises concernées ". L'institution précise par ailleurs que les sommes affectées aux fonds de réhabilitation des sites en fin d'exploitation demeurent exclues du champ de cette obligation, conformément à la réglementation en vigueur.
Au-delà de l'objectif immédiat de reconstitution des réserves, la mesure traduit la volonté de la banque centrale de sécuriser l'équilibre externe de l'union monétaire, fortement exposée à la volatilité des cours des matières premières et à la hausse des importations. La BEAC indique enfin que ses directions nationales sont chargées de notifier cette instruction aux entreprises extractives ainsi qu'aux établissements de crédit, afin d'en assurer l'application effective dans l'ensemble des pays membres.
Perton Biyiha
Publié le 27/04/26 14:38
La Rédaction
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