Emprunter dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) coûte de plus en plus cher. Selon le rapport sur l'évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit au premier trimestre 2026, les banques de la sous-région ont poursuivi le relèvement de leurs taux d'intérêt au cours des trois premiers mois de l'année, atteignant leur niveau le plus élevé depuis plusieurs trimestres.
Le document indique que " les taux débiteurs moyens pratiqués par les établissements de crédit dans la CEMAC ont progressé de 242 points de base en glissement annuel, à 12,38 % contre 9,96 % un an auparavant ". Par rapport au quatrième trimestre 2025, ils ont également augmenté de 147 points de base, contre une moyenne de 10,91 %.
Cette hausse intervient alors même que l'activité de crédit montre des signes de ralentissement dans plusieurs pays de la zone. Au premier trimestre 2026, l'offre de nouveaux financements s'est contractée, tandis que le coût de l'emprunt augmentait simultanément, réduisant davantage l'accès au crédit pour certaines catégories d'emprunteurs.
La progression des taux reste toutefois inégale selon les États membres. Le Gabon affiche de loin les niveaux les plus élevés de la sous-région. D'après le rapport, les taux débiteurs moyens pratiqués par les banques y ont atteint 21,51 %, contre 14,48 % au premier trimestre 2025, soit une hausse de 704 points de base en un an. En comparaison avec le trimestre précédent, où ils s'établissaient à 21,06 %, la progression est plus modérée.
La Guinée équatoriale présente également des coûts de financement particulièrement élevés. Les établissements de crédit y ont appliqué un taux moyen de 17,44 %, contre 15,64 % un an plus tôt. Selon le document, les taux effectifs globaux moyens ont progressé de 181 points de base en glissement annuel et de 625 points de base par rapport au quatrième trimestre 2025.
À l'opposé, la République centrafricaine est le seul pays de la CEMAC à enregistrer un recul significatif des taux. Ceux-ci sont passés de 15,35 % au premier trimestre 2025 à 13,03 % un an plus tard, soit une baisse de 232 points de base. Par rapport au trimestre précédent, où ils atteignaient 14,04 %, le repli est de 101 points de base.
Parmi les principales économies de la sous-région, le Cameroun demeure le marché où le crédit reste le moins coûteux, malgré une hausse des taux. Les banques y ont appliqué un taux moyen de 9,03 % au premier trimestre 2026, contre 8,26 % un an auparavant et 8,38 % au quatrième trimestre 2025.
Au Congo, le taux moyen s'est établi à 10,07 %, contre 9,47 % un an plus tôt. Il a toutefois diminué par rapport aux 10,66 % observés au trimestre précédent. Au Tchad, les taux comparables, hors engagements par signature, ont atteint 10,89 %, contre 10,18 % un an auparavant et 10,31 % trois mois plus tôt.
Les particuliers les plus touchés
L'étude montre que la hausse du coût du crédit affecte différemment les catégories d'emprunteurs, en fonction du risque perçu par les banques.
Les ménages restent les plus pénalisés. Les taux débiteurs moyens appliqués aux particuliers ont atteint 17,18 % au premier trimestre 2026, contre 13,77 % un an auparavant, soit une hausse de 341 points de base. Comparés au trimestre précédent, ils affichent toutefois un léger recul de 7 points de base.
Les petites et moyennes entreprises (PME) ont également subi un renchérissement du crédit, mais dans des proportions plus limitées. Le coût moyen de leurs emprunts est passé de 10,73 % à 11 % sur un an, soit une hausse de 26 points de base. En revanche, il a diminué de 34 points de base par rapport au quatrième trimestre 2025.
Pour les grandes entreprises, la progression est plus marquée. Le rapport indique qu'elles ont supporté un taux moyen de 11,82 %, contre 9,24 % un an plus tôt, soit une hausse de 258 points de base. Par rapport au trimestre précédent, où ce taux s'établissait à 9,97 %, l'augmentation atteint 184 points de base.
Ces évolutions confirment un durcissement généralisé des conditions de financement dans la CEMAC. Si l'intensité du phénomène varie d'un pays à l'autre et selon les catégories d'emprunteurs, la tendance reste la même : l'accès au crédit est devenu plus coûteux au premier trimestre 2026 dans la quasi-totalité des marchés de la sous-région.
Publié le 15/06/26 15:25
La Rédaction
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CEMAC