Le marché monétaire de la zone CEMAC continue d'afficher des signes de tension. Lors de l'appel d'offres d'injection de liquidités n°14 du 7 avril 2026, la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) a servi un montant de 400 milliards FCFA. Cette opération a attiré 12 participants pour un total de 28 offres exprimées, confirmant une dépendance accrue des établissements de crédit vis-à-vis du guichet central pour équilibrer leurs bilans.
L'engouement des banques pour cette adjudication est marqué par un taux de souscription de 144,98%. Alors que la banque centrale proposait une enveloppe de 400 milliards FCFA, les besoins cumulés exprimés par les banques commerciales se sont élevés à 579,9 milliards FCFA. Ce différentiel de près de 180 milliards FCFA non satisfaits met en lumière un assèchement des liquidités sur le compartiment bancaire régional, contraignant les acteurs à une bataille de taux pour capter la ressource disponible.
La rareté de la liquidité tire les coûts de refinancement vers le haut. Bien que le Taux d'Intérêt des Appels d'Offres (TIAO) soit fixé à 4,75%, le taux moyen pondéré des montants adjugés est ressorti à 4,94%. Le taux marginal s'est établi à 4,88%, tandis que certaines banques n'ont pas hésité à proposer jusqu'à 5 % pour s'assurer une part de l'enveloppe. Cette déconnexion par rapport au taux directeur souligne la pression qui pèse actuellement sur les trésoreries bancaires.
En marge de l'intervention de la BEAC, le marché interbancaire reflète également cette situation de stress. Le Taux Interbancaire Moyen Pondéré (TIMP) de référence à 7 jours culmine à 6 %. Avec un spread de 1,25% par rapport au TIAO, le coût de l'argent entre confrères devient de plus en plus onéreux, se rapprochant du taux de la facilité de prêt marginal fixé à 6,25% par le Comité de politique monétaire. Une dynamique qui pourrait, à terme, durcir davantage les conditions d'octroi de crédits à l'économie réelle.
Idrissa Diakité
Publié le 09/04/26 12:23
La Rédaction
SN
CEMAC