La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a servi l'intégralité des 700 milliards FCFA mis en adjudication lors de son dernier appel d'offres publié le 18 août 2026. Une opération conforme au montant annoncé par l'institut d'émission, dans le cadre de sa politique habituelle d'injection de liquidités sur le marché monétaire de la sous-région. Mais derrière ce montant servi intégralement, c'est la demande nettement supérieure de la part des établissements bancaires de la zone qui interpelle et semble révélatrice de l'état réel du système bancaire régional.
Les quinze banques participantes ont en effet soumis trente-quatre offres pour un montant total de 851,1 milliards FCFA, portant le taux de souscription à 121,59%. Autrement dit, pour chaque franc CFA proposé par la BEAC, les banques ont demandé plus de 1,21 FCFA, confirmant un appétit soutenu pour cette source de refinancement. Ce déséquilibre entre l'offre et la demande traduit un besoin de liquidité persistant au sein du système bancaire régional, que l'adjudication ne parvient que partiellement à combler.
Ce besoin se paie logiquement plus cher qu'à l'accoutumée. Les banques ont proposé des taux allant de 4,80% à 5%, et la BEAC a fini par servir la demande à un taux marginal de 4,90%, avec une moyenne pondérée de 4,94%. Soit près d'un demi-point au-dessus du taux de base de 4,50%, preuve que les liquidités se font rares et que les banques sont prêtes à payer plus cher pour se les procurer.
Cette tension se retrouve également sur le marché interbancaire. Le taux interbancaire (TIMP) à 7 jours atteint 6,48%, très au-dessus du taux de base de la BEAC (4,50%) et même au-dessus du taux de sa facilité de prêt marginal (5,75%). Autrement dit, emprunter entre banques coûte plus cher que d'emprunter directement à la Banque centrale, ce qui pousse logiquement les établissements à privilégier ce type d'adjudication plutôt que le marché interbancaire.
Au final, cet appel d'offres, auquel s'ajoute un nouveau publié ce 25 août de 800 milliards FCFA et dont la période de souscription s'étend jusqu'au 3 septembre prochain, confirme les tensions persistantes sur la liquidité bancaire en zone CEMAC. Mais également une demande abondante, des taux en hausse, et un marché interbancaire qui reste sous pression malgré l'action régulière de la Banque centrale. Pour les banques de la sous-région, l'équation reste la même : sécuriser des liquidités à un coût croissant, dans un contexte où l'écart entre marché interbancaire et guichet central continue de se creuser.
Idrissa Diakité
Publié le 26/08/26 12:26
La Rédaction
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