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UEMOA : Burkina Faso, Niger, Côte d’Ivoire… où les nationaux détiennent-ils la plus grande part du capital bancaire ?

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Avec 161 établissements de crédit agréés, dont 136 banques et 25 établissements financiers, l'UEMOA dispose d'un paysage bancaire dense, mais inégalement réparti entre ses huit marchés. La Côte d'Ivoire et le Sénégal concentrent ainsi le plus grand nombre d'établissements, avec 33 chacun, suivis du Burkina Faso et du Niger, qui en comptent 20 chacun.

Derrière cette configuration du paysage bancaire se pose également la question de la structure du capital des établissements de crédit et de la place qu'y occupent les investisseurs nationaux. D'un pays à l'autre, la part détenue par les intérêts nationaux dans le capital des banques varie sensiblement, selon les informations recueillies par Sika Finance auprès de la BCEAO.

Dans l'AES, des profils d'actionnariat contrastés

Dans ce paysage, les pays de l'AES arrivent en tête pour la part du capital bancaire conservée entre des mains nationales. Le Burkina Faso se distingue particulièrement, avec 67,6 % du capital des établissements de crédit détenu par des intérêts nationaux. Cette proportion repose à la fois sur la participation de l'État, qui représente 20,6 %, et sur le poids du secteur privé national, à 47 %. Le pays compte notamment parmi ses acteurs bancaires des groupes à capitaux burkinabè comme Banque postale et la Banque Commerciale du Burkina, aux côtés d'autres établissements à ancrage national.

Le Burkina Faso devance ainsi son voisin nigérien, où la part du capital détenue par des intérêts nationaux atteint 50,1 %. Le Niger présente toutefois une configuration différente, avec une participation de l'État plus importante, à 29,5 %, tandis que les investisseurs privés nationaux détiennent 20,6 % du capital. Cette présence nationale s'appuie notamment sur des établissements comme la Société Nigérienne de Banque, SONIBANK, qui figure parmi les principales banques à ancrage national du pays.

Le Mali, troisième membre de l'AES, se trouve en revanche plus loin dans cette hiérarchie. Avec 38,5 % du capital détenu par des intérêts nationaux, il se classe au sixième rang dans l'Union. Le contraste tient notamment au poids plus limité du privé national, qui ne représente que 10,7 % du capital, alors que l'État en détient 27,8 %. Le Mali conserve ainsi l'un des niveaux les plus élevés de participation publique dans l'Union, sans que celle-ci suffise à placer le pays parmi ceux où le capital bancaire est le plus largement détenu par des intérêts nationaux.

Dans les autres marchés de l'Union

Le Togo offre une autre configuration. Avec 49,1 % du capital entre les mains d'intérêts nationaux, le pays se rapproche du niveau observé au Niger. Mais la répartition entre public et privé y est différente. Les investisseurs privés nationaux détiennent 29,3 % du capital, contre 19,8 % pour l'État. Cette place importante du privé national permet au marché togolais de rester proche de la moitié du capital bancaire détenu par des intérêts nationaux.

La Côte d'Ivoire présente, elle aussi, une forte présence du capital national, mais avec un poids public beaucoup plus réduit. L'État ne détient que 15,2 % du capital des établissements de crédit, soit l'un des taux les plus faibles de l'Union. Les investisseurs privés nationaux représentent toutefois 29,2 %, portant à 44,4 % la part totale détenue par des intérêts nationaux. Le marché ivoirien se situe ainsi juste derrière le Togo, malgré une participation publique nettement plus faible.

Le Sénégal se situe ensuite à 38,6 %, presque au même niveau que le Mali. La composition de ce capital national y est toutefois plus équilibrée, avec 20,2 % détenus par l'État et 18,4 % par des investisseurs privés nationaux. Le Bénin affiche pour sa part 34,2 %, avec une participation publique de 22,7 % et une détention privée nationale de 11,5 %.

La Guinée-Bissau se démarque finalement par une situation beaucoup plus éloignée du reste de l'Union. Aucun capital public n'est recensé dans les établissements de crédit du pays en 2025, tandis que les investisseurs privés nationaux n'en détiennent que 13,6 %. Sur les 72,6 % de capital privé relevant de l'UMOA, seule une fraction limitée revient donc à des intérêts bissau-guinéens.

À l'échelle de l'UMOA, les intérêts nationaux détiennent au total 44,1 % du capital des établissements de crédit, dont 20,6 % pour l'actionnariat public et 23,5 % pour le privé national. Derrière cette proportion régionale se cachent toutefois des situations très contrastées. Le Burkina Faso est le seul marché où les intérêts nationaux détiennent une nette majorité du capital bancaire, tandis que le Niger et le Togo se situent juste au-dessus ou en dessous de ce seuil. À l'autre extrémité, la Guinée-Bissau affiche une présence nationale beaucoup plus limitée.

Fanuelle YAO 

Publié le 11/09/26 12:37

La Rédaction

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