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CEMAC : près de 25 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté, selon la Banque mondiale

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Dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), la reprise économique ne suffit pas à faire reculer la pauvreté. Dans son Baromètre économique de la CEMAC publié le 30 décembre 2025, la Banque mondiale estime que 24,2 millions de personnes vivent toujours dans l'extrême pauvreté au sein de l'union monétaire, soit plus 1/3 de la population régionale estimée à 60 millions d'habitants.

L'institution indique que la proportion d'habitants disposant de moins de 3 dollars par jour en parité de pouvoir d'achat (PPA) a légèrement augmenté, passant d'environ 36,6 % en 2023 à 37,0 % en 2024. Ce niveau reste nettement supérieur à celui observé dans l'espace UEMOA, où l'extrême pauvreté touche 29,7 % de la population. Pour un économiste de la Banque mondiale cité dans le rapport, " la croissance récente reste trop faible et trop peu créatrice d'emplois pour produire un recul visible de la pauvreté ".

La situation varie fortement d'un pays à l'autre. La République centrafricaine et la République du Congo affichent les taux les plus élevés, avec respectivement 67,5 % et 51,8 % de la population sous le seuil d'extrême pauvreté. À l'inverse, le Gabon et la Guinée équatoriale présentent des niveaux bien plus faibles, estimés à 4,1 % et 9,4 %.

Lorsque l'analyse s'appuie sur un seuil de revenu plus élevé, correspondant à 8,3 dollars par jour, l'ampleur du phénomène devient encore plus importante. En 2024, 81,3 % des habitants de la CEMAC vivent sous ce niveau de revenu, signe d'une vulnérabilité généralisée des ménages. La CEMAC rassemble six pays d'Afrique centrale et plus de 60 millions d'habitants, dont la majorité au Cameroun.

Malgré la stabilisation relative de certains indicateurs macroéconomiques, la Banque mondiale relève que les économies de la zone demeurent dépendantes des matières premières, avec un tissu productif peu diversifié et un secteur informel dominant. Les insuffisances d'infrastructures, l'accès inégal aux services publics et les investissements limités dans l'éducation et la formation continuent de peser sur les perspectives d'emploi.

Le rapport insiste également sur les enjeux de gouvernance. Les données récentes montrent peu d'amélioration en matière de lutte contre la corruption et d'efficacité administrative entre 2021 et 2023. " Sans progrès institutionnels, la mobilisation des ressources publiques et la qualité des dépenses resteront insuffisantes pour soutenir une croissance inclusive ", note la Banque mondiale.

Pour l'institution, la réduction durable de la pauvreté passera par une combinaison de politiques économiques et sociales. Elle recommande d'élargir les dispositifs de protection sociale, de renforcer la formation de la main-d'œuvre et d'accélérer les réformes visant à améliorer l'environnement des affaires. L'organisation appelle aussi à poursuivre la mise en œuvre des réformes prévues dans les phases II et III du programme PREF-CEMAC ainsi que dans le futur programme économique régional.

Perton Biyiha

Publié le 24/02/26 13:26

La Rédaction

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