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CEMAC : Quatre postes transfrontaliers pilotes en préparation pour fluidifier le commerce régional

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Mory Diané (à droite), fondateur de Scanning Systems et le commissaire Ngabo Seli Mbogo, chargé du marché commun de la CEMAC. 

La CEMAC veut accélérer la modernisation de ses corridors commerciaux. La Commission de l'organisation est actuellement en négociations avancées avec Scanning Systems pour la conception, le financement et la réalisation de quatre Postes de Contrôle Juxtaposés (PCJ) pilotes destinés à fluidifier les échanges entre les pays de la sous-région.

Le projet s'inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les coûts logistiques, raccourcir les délais de passage aux frontières et renforcer l'intégration économique régionale. Malgré l'existence d'un marché commun, les échanges intracommunautaires de la CEMAC demeurent limités, freinés notamment par la multiplication des contrôles administratifs, les procédures douanières et les insuffisances des infrastructures frontalières.

Dans cette perspective, une délégation de la Commission de la CEMAC, accompagnée de représentants de l'UEMOA, a effectué en juin une visite technique du Poste de Contrôle Juxtaposé de Laléraba, à la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. L'objectif était d'évaluer sur le terrain un modèle déjà opérationnel afin d'en tirer les enseignements pour l'Afrique centrale.

Selon Scanning Systems, filiale du Groupe Tassec Investment Holdings Company et opérateur de référence des Postes de Contrôle Juxtaposés (PCJ) en Afrique de l'Ouest, les études préliminaires de faisabilité relatives aux quatre futurs PCJ ont déjà été réalisées et validées par la Commission de la CEMAC. Si les discussions aboutissent, ces infrastructures constitueront les premiers projets pilotes de ce type déployés dans la région dans le cadre de ce partenariat.

Le modèle Cinkansé comme référence

L'intérêt porté par la CEMAC à ce modèle repose sur les performances enregistrées sur certains corridors ouest-africains où les PCJ ont permis de regrouper en un même site les services de contrôle des deux pays frontaliers.

Le cas le plus emblématique demeure celui de Cinkansé, à la frontière entre le Burkina Faso et le Togo. Selon les données communiquées par l'opérateur, le poste a enregistré près de 400 000 véhicules en transit en 2025, soit une hausse de 20,2 % sur un an.

Photo de famille à l'issue de la visite du PCJ Laleraba

L'infrastructure aurait également permis de réduire considérablement les délais de passage, les temps d'attente étant passés d'environ cinq jours à seulement quelques heures. Une amélioration qui se traduit par une baisse des coûts logistiques pour les transporteurs et une meilleure circulation des marchandises sur le corridor.

Pour les pays de la CEMAC, confrontés à des coûts de transport parmi les plus élevés du continent, la réduction des délais aux frontières est considérée comme un levier essentiel pour renforcer la compétitivité des économies nationales et stimuler le commerce régional.

Laléraba, vitrine d'un modèle financé localement

La visite de la délégation communautaire a porté sur le PCJ de Laléraba mis en service fin mars dernier à la frontière ivoiro-burkinabè. Depuis cette date, la plateforme multimodale, dotée d'équipements de dernière génération pour les opérations de passage à la frontière, a vu transiter environ 25 000 camions de marchandises.

L'infrastructure a mobilisé plus de 13 milliards de FCFA de financement auprès d'un consortium bancaire régional comprenant notamment la Société Générale Côte d'Ivoire, la BNI, Vista Bank et Ecobank. Pour les promoteurs du projet, cette opération démontre la capacité des marchés financiers et bancaires africains à accompagner des infrastructures stratégiques sans recourir exclusivement aux financements extérieurs.


Une vue du PCJ Laleraba qui a mobilisé un financement de plus de 13 milliards FCFA.

Au-delà de sa dimension opérationnelle, Laléraba constitue ainsi un exemple de montage associant expertise technique, capitaux régionaux et exploitation privée, un schéma susceptible d'intéresser plusieurs États d'Afrique centrale engagés dans des programmes d'amélioration de leurs corridors de transport.

Un enjeu pour l'intégration régionale et la Zlecaf

L'intérêt de la CEMAC pour les Postes de Contrôle Juxtaposés dépasse le seul cadre des frontières communautaires. Ces infrastructures sont désormais considérées comme des outils essentiels à la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui ambitionne de renforcer les échanges entre les économies du continent.

Pour Wilfrid Flottes de Pouzols, directeur général adjoint de Scanning Systems, l'ouverture de discussions avec la CEMAC marque une nouvelle étape dans la diffusion de ce modèle en Afrique. " Nous avons démontré qu'il était possible de concevoir, financer et exploiter des infrastructures de contrôle frontalier répondant aux meilleurs standards internationaux en mobilisant des acteurs régionaux et au bénéfice des économies africaines ", souligne-t-il.

Si elles voient le jour, les quatre infrastructures actuellement à l'étude pourraient constituer l'un des principaux chantiers d'intégration économique de la CEMAC au cours des prochaines années. Pour la sous-région, l'enjeu est de transformer ses frontières, longtemps perçues comme des points de blocage, en véritables plateformes de facilitation du commerce et de circulation des marchandises.

Publié le 19/06/26 12:00

La Rédaction

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