La Banque africaine de développement (BAD) recommande au Congo-Brazzaville de mettre en place un mécanisme automatique permettant d'affecter les recettes pétrolières exceptionnelles au remboursement de sa dette publique. Cette proposition, reprise dans une communication publiée le 27 octobre 2026, intervient alors que Brazzaville prépare un budget 2027 construit sur un prix moyen du brut congolais de 71 dollars le baril, contre 67 dollars dans la loi de finances rectificative de 2026. L'institution préconise que les recettes supplémentaires générées par un cours supérieur à cette hypothèse soient prioritairement consacrées au désendettement, plutôt qu'à l'accroissement des dépenses publiques.
Le projet de loi de finances 2027, approuvé en Conseil des ministres le 7 octobre, prévoit une production nationale de 112 millions de barils, contre 105 millions en 2026, soit 7 millions de barils supplémentaires. Les autorités retiennent également un taux de change de 565 fcfa pour un dollar et une part de production revenant à l'État de 28%. Sur cette base, le gouvernement table sur 3 120,8 milliards FCFA de recettes budgétaires, pour 2 638,4 milliards de dépenses. La recommandation de la BAD introduirait une règle de gestion des recettes pétrolières dépassant les prévisions, afin de limiter l'exposition des finances publiques aux fluctuations des cours internationaux.
La question du désendettement occupe une place de choix dans les négociations engagées avec le Fonds monétaire international. Selon les projections gouvernementales, le ratio de dette publique devrait passer de 88,6% du PIB en 2026 à 80,9% en 2027, soit une réduction attendue de 7,7 points. La BAD préconise parallèlement la suspension des nouveaux emprunts garantis par les revenus pétroliers, une pratique susceptible d'engager une partie des recettes futures de l'État. À l'issue de sa mission du 24 septembre au 7 octobre, le FMI a annoncé la poursuite des discussions avec Brazzaville en vue d'un nouveau programme soutenu par la Facilité élargie de crédit. La maîtrise de l'endettement, la mobilisation des recettes et l'apurement des arriérés intérieurs figurent parmi les principaux dossiers examinés.
L'arbitrage s'annonce d'ores et déjà déterminant pour le financement des investissements publics. Le gouvernement prévoit 680 milliards FCFA d'investissements en 2027, dont seulement 327,7 milliards financés sur ressources internes, laissant 352,3 milliards à couvrir par d'autres financements. Dans le même temps, les charges de trésorerie sont projetées à 1 757 milliards FCFA, contre 1 324,6 milliards de ressources de trésorerie. Brazzaville devra donc concilier trois impératifs : financer ses infrastructures, honorer ses engagements financiers et réduire son recours à l'endettement. Si les cours pétroliers dépassent les 71 dollars retenus dans le budget, l'application de la règle proposée par la BAD ferait du surplus une ressource prioritaire pour les créanciers, alors que les besoins d'investissement demeurent considérables.
Idrissa Diakité
Publié le 27/10/26 18:14
La Rédaction
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