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Congo : Comment la guerre USA-Iran a perturbé 74% des chaînes d'approvisionnement des entreprises au 1er trimestre ?

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Le conflit USA-Iran, déclenché au cours du premier trimestre 2026, s'est rapidement propagé bien au-delà du Moyen-Orient. À Brazzaville et Pointe-Noire, ses répercussions se mesurent désormais dans les carnets de commandes, les stocks et les comptes de résultat des entreprises. C'est ce que révèle l'enquête de conjoncture menée en mai 2026 par la Direction générale de l'économie (DGE). En cause, une dépendance structurelle aux intrants importés, qui concerne 94,5% des entreprises interrogées, principalement issues de l'industrie (42,9%), de l'agriculture (30,8%) et du commerce (18,7%), et approvisionnées à 19% depuis le Moyen-Orient.

Avant le déclenchement des hostilités, la situation était pourtant maîtrisée : 53,7% des chefs d'entreprise jugeaient leur approvisionnement satisfaisant, les délais étaient normaux pour 80,7% d'entre eux et les coûts stables pour 84,3%. Depuis le début de la guerre, la dégradation est nette sur tous les fronts. 63,9% des entreprises constatent une baisse des volumes d'intrants disponibles, 45,1% subissent des délais allongés et 67,1% une hausse des coûts. Conséquence directe, 63,4% ont connu des ruptures de stock fréquentes ou occasionnelles.

Sur le terrain de la production, l'effet est immédiat et massif : 73,8% des chefs d'entreprise rapportent une baisse de leur activité, dont 14,8% une forte baisse. Le commerce (58,5%), le transport (49,1%) et l'industrie (43,4%) sont les secteurs les plus touchés, devant l'énergie (35,9%), tandis que l'agriculture, plus tournée vers le marché local, résiste mieux (26,4%). Les entreprises pointent en priorité la hausse des coûts de transport (63,6%) et les retards d'acquisition (49,1%) comme principaux facteurs de blocage, loin devant les restrictions commerciales formelles (14,6%).

Face à ces difficultés, 69,5% des entreprises ont engagé des mesures d'adaptation, principalement la diversification des fournisseurs (58,5%) et la recherche de partenaires locaux (48,8%). Mais la résilience reste fragile : seules 26,8% des entreprises s'estiment réellement préparées à ce type de choc, contre 46,4% qui se disent seulement partiellement armées.

Au final, 65,5% des chefs d'entreprise jugent l'impact de la crise sur l'économie nationale important ou modéré, et réclament en priorité un allègement fiscal (77,8%), devant la stabilisation des prix du carburant et un meilleur accès au crédit. Ce diagnostic intervient alors que le gouvernement vient d'engager des discussions avec le FMI, et que la Loi de finances 2026 reste accueillie avec une neutralité prudente par les entreprises.

Idrissa Diakité

Publié le 01/07/26 10:44

La Rédaction

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