C'est l'un des signaux les plus discrets mais les plus révélateurs du premier trimestre 2026 : les importations congolaises de produits énergétiques ont bondi de 106,1% en glissement annuel, passant de 19,2 milliards FCFA au premier trimestre 2025 à 39,5 milliards FCFA sur la même période de 2026. Dans un trimestre marqué par une contraction généralisée des importations, qui reculent de 7,2% à 643,6 milliards FCFA toutes catégories confondues, cette explosion de la facture énergétique détonne et mérite une lecture attentive. C'est la seule grande catégorie d'importations à progresser aussi fortement, et de loin.
Cette hausse s'explique en premier lieu par la dégradation de la production énergétique nationale documentée dans la même note de conjoncture. La production d'énergie électrique a reculé de 3,9% à 860 GWH au premier trimestre 2026, contre 895 GWH un an plus tôt. La cause principale est la chute de la production hydroélectrique, en repli de 48,4 GWH sur un an, partiellement compensée par la montée en puissance de la production à gaz, qui progresse de 19,7% à 700 GWH.
Cette substitution du gaz à l'hydraulique, si elle comble une partie du déficit de production, génère une demande supplémentaire en combustibles importés pour alimenter les centrales thermiques. Le résultat est sans appel : les pertes dues au transport et à la distribution d'électricité représentent encore 46% de la production totale au premier trimestre 2026, et les ventes d'énergie électrique reculent de 3,9% à 470 GWH malgré une facture d'importation qui double.
Le Congo est un pays exportateur net de pétrole brut, dont la production a progressé de 9,4% au premier trimestre 2026 à 26 millions de barils. Il exploite une raffinerie nationale dont la production de produits raffinés a bondi de 23,6% sur la même période. Et pourtant, sa facture d'importations énergétiques double en un an. Ce découplage entre capacité productive amont et dépendance aux importations d'énergie pour la consommation intérieure pointe vers une insuffisance structurelle dans la chaîne de transformation et de distribution locale.
Idrissa Diakité
Publié le 09/07/26 10:53
La Rédaction
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