La Côte d'Ivoire et la Banque mondiale ont procédé, ce mardi 8 juillet 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire d'Abidjan, à la signature de cinq accords de financement d'un montant global de 875 millions de dollars, soit environ 525 milliards FCFA. La cérémonie, organisée en marge du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030, a également été marquée par la signature d'un Mémorandum d'Intention tripartite entre le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, la Banque mondiale et Eni Côte d'Ivoire Limited, en vue de l'élaboration du plan directeur gazier du pays, le Gas Master Plan.
Emploi, compétences, cohésion sociale et énergie au cœur des financements
Les cinq accords ont été signés par le ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, pour la partie ivoirienne, et par Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo. Concrètement, cet argent servira à financer cinq projets qui touchent directement le quotidien des Ivoiriens, de l'emploi des jeunes à l'accès à l'eau potable, en passant par l'électricité.
Le premier financement, le plus important, s'élève à 400 millions de dollars. Il s'agit d'un appui budgétaire, c'est-à-dire un soutien direct aux réformes engagées par le gouvernement pour rendre le secteur privé plus compétitif et créer des emplois de qualité. Le deuxième projet, baptisé CIRA (Compétences pour l'innovation, la résilience et les aspirations), mobilise 220 millions de dollars. Il offrira à plus de 900 000 jeunes Ivoiriens une formation professionnelle et technique adaptée aux besoins réels des entreprises, dans des secteurs qui recrutent comme l'énergie, la santé, l'agro-industrie et le tourisme.
Le troisième projet, COSO-Ouest, est doté de 100 millions de dollars et cible l'ouest du pays, en particulier le district des Montagnes, où la pauvreté rurale reste élevée. Près de 1,8 million de personnes y gagneront un meilleur accès à la santé, à l'éducation et à l'eau potable. Le quatrième financement, de 100 millions de dollars également, aidera l'État à mieux mobiliser et gérer ses ressources publiques. Enfin, le cinquième projet, PrimGaz, consacre 55 millions de dollars à la Côte d'Ivoire, sur une enveloppe régionale de 140 millions partagée avec le Bénin et le Togo, pour sécuriser l'approvisionnement du pays en gaz naturel, la principale source de production de son électricité.
Le gaz naturel, nouveau pilier de l'ambition énergétique ivoirienne
La seconde signature de la soirée a porté sur le secteur gazier. L'État ivoirien, représenté par le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la Banque mondiale et Eni Côte d'Ivoire, dirigée par Luca Faccenda, ont conclu un partenariat pour la réalisation d'études techniques conjointes. Celles-ci visent à identifier les infrastructures nécessaires au développement de la filière gazière et à mettre en place un cadre réglementaire favorable, susceptible d'attirer davantage d'investissements privés.
Un signal fort dans le cadre du PND 2026-2030
Ces signatures constituent la première concrétisation de l'engagement de plus de 17 milliards de dollars annoncé par le Groupe de la Banque mondiale en faveur de la Côte d'Ivoire lors du Groupe consultatif, dont 10 milliards de la Banque mondiale (BIRD et IDA), 5 milliards de la Société financière internationale (IFC) et 2 milliards de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).
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‘'Cette enveloppe exceptionnelle va bien au-delà d'un simple engagement financier, c'est un investissement massif dans la jeunesse ivoirienne, la création d'emplois productifs et la résilience des communautés locales'', a déclaré Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, qui a salué le rôle de ‘'locomotive économique'' de la Côte d'Ivoire dans la région. Marie-Chantal Uwanyiligira a rappelé pour sa part que le pays doit créer au moins 600 000 emplois par an pour atteindre les objectifs de son PND, et qu'il faudra pour cela réorienter davantage de jeunes vers les filières techniques et professionnelles, qui n'accueillent aujourd'hui que 5 à 6 % des apprenants.
‘'Cette signature constitue un signal fort, celui d'un gouvernement qui transforme ses engagements en actes concrets'', a réagi le ministre Adama Coulibaly, rappelant que le portefeuille de projets financés par la Banque mondiale en Côte d'Ivoire dépasse désormais 3 000 milliards FCFA.
Fanuelle YAO
Publié le 09/07/26 12:44
La Rédaction
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