Selon le Bulletin statistique de la dette publique de la République du Congo, au 30 juin 2026, le stock de dette publique atteignait 9 564,3 milliards de FCFA, contre 9 227,0 milliards de FCFA trois mois plus tôt, soit une progression de 3,66 %. La dette domestique demeurait majoritaire, avec 5 575,2 milliards de FCFA, représentant 58,29 % du portefeuille, contre 3 989,1 milliards de FCFA pour la dette extérieure, soit 41,71 %.
Moins d'échéances à court terme
Malgré cette hausse de l'encours, le risque de refinancement s'est réduit au cours du trimestre. L'ATM, ou maturité moyenne résiduelle du portefeuille, est passée de 6,23 à 6,41 ans. Cet indicateur mesure la durée moyenne restant à courir avant le remboursement intégral des différents emprunts. Son allongement traduit donc une moindre concentration des échéances à court terme. Cette amélioration est essentiellement portée par la dette extérieure, dont l'ATM est passée de 7,85 à 8,34 ans. À l'inverse, la maturité moyenne de la dette domestique s'est légèrement contractée, de 5,08 à 5 ans.
La réduction des remboursements à court terme est encore plus visible dans la part de la dette arrivant à échéance d'ici à fin 2026. Celle-ci représentait 16,03 % du portefeuille à fin mars, contre 12,85 % à fin juin. Le recul est particulièrement marqué pour la dette domestique, où cette proportion est passée de 23,33 % à 19,40 %, soit une baisse de 3,93 points de pourcentage. Pour la dette extérieure, elle est passée de 5,75 % à 3,90 %, soit 1,85 point de moins.
Le rapport attribue cette évolution à " une gestion active du profil d'échéances (émissions de plus longue maturité, lissage du calendrier de remboursement) ". Le Congo parvient ainsi à réduire la concentration des remboursements à court terme, alors même que son portefeuille de dette continue de progresser en valeur.
Cette moindre exposition au risque de refinancement s'accompagne également d'une amélioration du profil de risque de taux. L'ATR, ou durée moyenne avant la prochaine révision des taux d'intérêt, est passée de 5,53 à 5,75 ans. Cet indicateur mesure le délai moyen avant qu'une partie du portefeuille puisse voir son taux d'intérêt révisé, notamment pour les emprunts à taux variable.
Là encore, la dette extérieure a principalement contribué à cette évolution, avec une hausse de son ATR de 0,64 an. L'ATR de la dette domestique s'est, en revanche, contractée de 0,10 an.
Dans le même temps, la part de la dette susceptible de voir son taux refixé d'ici à fin 2026 a diminué, passant de 24,67 % à 22,05 %, soit un recul de 2,62 points. La baisse atteint 3,19 points pour la dette extérieure et 2,20 points pour la dette domestique. Parallèlement, la part de la dette à taux fixe est passée de 92,09 % à 92,69 %. La dette domestique reste, pour sa part, entièrement à taux fixe, à 100 %.
Le financement domestique renchérit le portefeuille
L'amélioration des principaux indicateurs de risque ne s'est toutefois pas accompagnée d'une baisse du coût de la dette. Le taux d'intérêt moyen pondéré du portefeuille est passé de 2,80 % à 3,31 %, soit une hausse de 0,51 point de pourcentage. Sur la dette extérieure, le taux moyen a diminué de 4,70 % à 3,47 %, soit une baisse de 1,23 point. Le rapport relie notamment cette amélioration à l'émission récente de l'eurobond à des conditions plus favorables, ainsi qu'au remboursement anticipé de l'encours restant de l'eurobond émis à la fin de 2025 dans des conditions jugées peu favorables.
Le mouvement est en revanche inverse sur le marché domestique. Le taux moyen de la dette intérieure est passé de 1,49 % à 3,20 %, soit une hausse de 1,71 point. Le rapport estime que cette progression traduit vraisemblablement " un durcissement des conditions sur le marché domestique ", lié notamment au resserrement de la liquidité ayant entraîné des coûts de financement plus élevés.
Enfin, le risque de change reste à surveiller. La part de la dette libellée en devises est passée de 40,78 % à 41,20 %, soit une hausse limitée de 0,42 point. Cette progression, bien que modeste, accroît légèrement l'exposition du portefeuille aux fluctuations des taux de change et constitue un facteur de risque supplémentaire à prendre en compte dans la gestion de la dette.
Claude Paul Tjeg
Publié le 02/09/26 14:58
La Rédaction
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