menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Sénégal, Togo… : Un programme de finance numérique pour soutenir 34 000 entreprises dirigées par des femmes

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 16h47min

La Banque africaine de développement (BAD) et le groupe panafricain Axian passent à l'offensive pour réduire le déficit de financement qui freine l'essor de l'entrepreneuriat féminin sur le continent. Les deux partenaires viennent de lancer un programme de finance numérique destiné à accompagner plus de 34 000 entreprises dirigées par des femmes dans trois pays, tout en renforçant les compétences financières et numériques de 25 000 entrepreneures dans cinq marchés africains.

Soutenu par l'initiative Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA) de la BAD et la Women Entrepreneurs Finance Initiative (We-Fi), le programme entend s'attaquer à l'un des principaux freins au développement des entreprises féminines : l'accès insuffisant aux capitaux. L'enjeu est considérable. Alors que l'Afrique affiche le taux d'entrepreneuriat féminin le plus élevé au monde, les femmes entrepreneures y font face à un déficit de financement estimé à 49 milliards de dollars. Un paradoxe qui prive les économies africaines d'une importante capacité de création de valeur, d'emplois et de revenus.

Pour réduire cette fracture, le programme misera sur les plateformes de services financiers numériques d'Axian, notamment Mixx et MVola. Ces solutions intégreront des services de prêt numérique, des programmes d'éducation financière, des outils de développement commercial ainsi que des initiatives destinées à accélérer l'inclusion numérique.

Le premier volet du dispositif ciblera 34 000 Micro, Petites et moyennes entreprises (MPME) dirigées par des femmes à Madagascar, en Tanzanie et au Sénégal. L'objectif est de leur proposer des produits financiers numériques adaptés à leurs besoins et à leur niveau de développement. Le programme ne se limitera toutefois pas à l'accès au crédit. Un second volet prévoit de renforcer les compétences de 25 000 femmes à Madagascar, en Tanzanie, au Sénégal, au Togo et aux Comores, à travers des formations consacrées à l'éducation financière, aux compétences numériques et à l'entrepreneuriat. Cette approche vise à traiter simultanément les deux dimensions du problème : le manque de financement et le déficit de capacités nécessaires pour utiliser efficacement les services financiers et numériques.

Le mobile comme levier de démocratisation du financement

L'un des principaux intérêts du programme réside dans le recours aux technologies mobiles pour atteindre des entrepreneures traditionnellement peu ou pas desservies par les circuits financiers classiques. Les services de paiement mobile, les solutions de crédit numérique et les mécanismes alternatifs d'évaluation de la solvabilité doivent permettre de mieux apprécier la capacité de remboursement de petites entreprises qui disposent parfois de peu de garanties conventionnelles ou d'un historique bancaire limité.

Pour Axian, cette transformation numérique doit permettre de rapprocher les services financiers des entrepreneures et de faciliter leur intégration dans le système financier formel. À travers Mixx et MVola, le groupe entend ainsi mettre la technologie au service de l'expansion des entreprises féminines, de la création d'emplois et d'une participation accrue des femmes à l'économie numérique.

5 priorités pour réduire la fracture financière

Le programme s'articulera autour de cinq axes prioritaires : élargir l'accès à la finance numérique pour les entreprises dirigées par des femmes, renforcer l'éducation financière et numérique, développer des produits financiers adaptés aux besoins des entrepreneures, accélérer l'inclusion numérique grâce aux technologies mobiles et favoriser l'intégration des entreprises féminines dans l'économie formelle.

La mise en œuvre sera assurée par Mixx et MVola, en collaboration avec les sociétés d'exploitation locales d'AXIAN dans les pays concernés. Le dispositif combinera ainsi une expertise régionale avec une mise en œuvre adaptée aux réalités des différents marchés. Pour la BAD, l'objectif est également de s'attaquer aux barrières structurelles qui empêchent encore de nombreuses entreprises féminines de franchir un cap en matière de financement et de croissance.

Un marché de croissance pour la finance numérique

Au-delà de l'objectif social, le dispositif révèle également le potentiel économique considérable de l'entrepreneuriat féminin en Afrique. L'accès à des financements adaptés peut permettre aux entreprises dirigées par des femmes d'augmenter leurs capacités de production, d'investir, de formaliser leurs activités et, à terme, de créer davantage d'emplois. Pour les institutions financières, le développement de solutions numériques permet parallèlement de réduire certains coûts de distribution et d'atteindre des segments de clientèle jusque-là difficiles à servir.

Avec ses activités déployées dans 21 pays africains et une présence dans les télécommunications, les services financiers, la banque numérique et les fintech, AXIAN dispose à cet égard d'un réseau permettant de déployer le programme à grande échelle. Pour la BAD et AXIAN, la technologie peut ainsi devenir un accélérateur de l'autonomisation économique des femmes. Mais le véritable indicateur de réussite sera la capacité du programme à transformer l'accès au financement en croissance durable des entreprises, formalisation des activités et création d'emplois.

Publié le 02/09/26 15:39

Narcisse Angan

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

ZlRQW_aK8AMMLv55Y2P-LFQdLBIr8wV8O9mr-D1q9eg False