Le Congo devrait parvenir à contenir la progression de son stock de dette publique en 2027. Selon les projections de la Caisse congolaise d'amortissement (CCA), celui-ci passerait de 9 537,8 milliards de FCFA en 2026 à 9 608,1 milliards de FCFA en 2027, soit une hausse limitée à 0,7 %. Rapporté au PIB, le stock de dette reculerait toutefois de 89,9 % à 86,2 % sur la même période. Cette amélioration du ratio d'endettement s'expliquerait donc davantage par la progression attendue du PIB que par une réduction significative de l'encours, qui resterait supérieur à 9 600 milliards de FCFA.
Cette relative stabilisation du stock de dette contraste avec l'évolution attendue de son coût financier. Les charges financières devraient en effet passer de 238,1 milliards de FCFA en 2026, soit 2,2 % du PIB, à 348,6 milliards de FCFA en 2027, représentant 3,1 % du PIB. Elles progresseraient ainsi de 46,4 % en un an. La CCA explique cette hausse par " les échéances importantes du service de la dette, la poursuite des opérations de titrisation de la dette intérieure ainsi que par le recours accru aux émissions d'Obligations du Trésor Assimilables (OTA) ".
L'évolution de la composition de la dette permet de mieux comprendre ce décalage entre la relative stabilité de l'encours et la forte progression de la charge financière. En 2027, la dette extérieure devrait atteindre 4 624,3 milliards de FCFA, contre 4 410,5 milliards de FCFA en 2026, soit une augmentation de 213,8 milliards de FCFA. Rapportée au PIB, elle resterait toutefois quasiment stable, à 41,5 %, contre 41,6 % en 2026.
À l'inverse, la dette intérieure devrait diminuer de 2,8 %, pour s'établir à 4 983,8 milliards de FCFA en 2027, contre 5 127,3 milliards de FCFA un an plus tôt. Son poids dans le PIB passerait ainsi de 48,3 % à 44,7 %. Cette contraction de l'encours intérieur ne se traduirait cependant pas par une baisse immédiate du coût financier de la dette. Les opérations de titrisation et le recours accru aux OTA devraient, au contraire, contribuer à alourdir les charges financières en 2027.
La pression sur les finances publiques devrait également se refléter dans l'évolution du service de la dette extérieure. Après une nette dégradation attendue en 2026, les principaux ratios devraient toutefois s'améliorer en 2027. Rapporté aux recettes budgétaires, le service de la dette extérieure passerait de 18,6 % en 2025 à 23,2 % en 2026, avant de revenir à 16,3 % en 2027.
La même trajectoire est projetée par rapport aux exportations de biens et services. Le ratio passerait de 9,4 % en 2025 à 10,9 % en 2026, puis redescendrait à 8,7 % en 2027. Rapporté au PIB, le service de la dette extérieure suivrait une évolution similaire : après être passé de 3,9 % en 2025 à 5,3 % en 2026, il reviendrait à 3,9 % en 2027.
Claude Paul Tjeg
Publié le 11/09/26 11:31
La Rédaction
SN
CEMAC