Fitch Ratings anticipe un net rebond de la croissance économique congolaise, à 4,3 % en 2026 contre 2,7 % estimés en 2025. Cette accélération repose sur la remontée de la production pétrolière, attendue à 293 000 barils par jour contre 271 000 en 2025, portée par l'ouverture de nouveaux puits. La montée en puissance de la deuxième phase du projet gazier ENI Congo LNG et le recul des délestages électriques soutiennent par ailleurs la croissance hors pétrole, dans un contexte où l'investissement public retrouve également de la vigueur.
Cette dynamique favorable se répercute directement sur les comptes publics et extérieurs. L'agence table sur un excédent budgétaire, en base engagements, porté à 2 % du PIB en 2026, ainsi que sur une réduction marquée du déficit courant, ramené à 0,1 % du PIB. Les réserves de change de la zone CEMAC devraient atteindre environ 14 milliards de dollars d'ici fin 2026, soit 4,7 mois de couverture des importations. Deux émissions d'eurobonds réalisées cette année illustrent par ailleurs le retour du Congo sur les marchés internationaux.
Fitch prend cependant soin de qualifier cette embellie de passagère. Selon les projections de référence de l'agence sur les cours pétroliers, cette fenêtre favorable devrait se refermer, ce qui limite la portée structurelle des gains enregistrés. L'agence évoque un simple répit qui permet à Brazzaville et à l'ensemble de la zone CEMAC de reconstituer des marges financières en prévision d'un possible durcissement des conditions d'emprunt régionales et extérieures.
Le même schéma de fragilité conjoncturelle s'observe sur la trajectoire de la dette publique. Fitch prévoit une baisse sensible de l'endettement congolais, à 80,9 % du PIB en 2026 contre 92,1 % fin 2025, portée par un excédent primaire élevé et une forte croissance nominale. Mais l'agence de notation anticipe surtout un ralentissement marqué du rythme de désendettement dès 2027, à mesure que les prix pétroliers se détendront.
Cette lecture prudente explique en partie pourquoi Fitch n'a pas assorti sa notation d'une perspective, conformément à sa pratique pour les souverains notés " CCC+ " ou en dessous. L'amélioration actuelle des comptes publics et extérieurs, aussi réelle soit-elle, ne suffit donc pas à l'agence pour considérer que les vulnérabilités structurelles du Congo, sa forte dépendance aux hydrocarbures en tête, seraient en voie de résorption durable.
Idrissa Diakité
Publié le 17/08/26 14:33
La Rédaction
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CEMAC