Le gouvernement ivoirien prévoit de recapitaliser 11 entreprises publiques confrontées à des déséquilibres financiers, pour un montant global estimé à 39,07 milliards FCFA à fin 2025. Sur cette enveloppe, 28,9 milliards FCFA devrait être pris en charge par l'État, en fonction de son niveau de participation dans les structures concernées.
Ces entreprises présentent des fonds propres inférieurs à la moitié de leur capital social, une situation qui traduit une fragilisation de leur assise financière, généralement liée à l'accumulation de pertes. Cette configuration impose, selon les normes de gestion, des mesures correctives pouvant aller jusqu'à une recapitalisation afin d'assurer la continuité de leurs activités.
Cette révélation intervient dans un contexte où le secteur public ivoirien affiche pourtant des performances globales satisfaisantes. Rappelons que les entreprises publiques ont enregistré, pour l'exercice 2025, un chiffre d'affaires cumulé provisoire de 4 728,3 milliards FCFA, en hausse de 1,2 % par rapport à 2024, et un résultat net excédentaire de 240,3 milliards FCFA, représentant 112 % de l'objectif budgétaire initial. Des agrégats globalement solides, qui masquaient pourtant la fragilité d'une minorité d'entités du portefeuille de l'État.
Pour 2026, le résultat net prévisionnel du secteur est projeté à 246,3 milliards FCFA, en progression de 2 % par rapport aux résultats provisoires de 2025. Une trajectoire modestement optimiste, mais qui ne répondra pas à elle seule aux fragilités structurelles désormais identifiées. Le vrai test sera de savoir si ces injections de capital s'accompagnent de réformes profondes dans la gestion de ces entreprises, ou si elles ne constituent qu'un cautère sur une plaie chronique.
Fanuelle YAO
Publié le 30/04/26 10:38
La Rédaction
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