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Croissance, budget, subventions, salaires, élections, ... : Ce que dit le FMI du Mali

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Après avoir subie les chocs de la Covid-19, des coups d'Etats et la crise en Ukraine et l'inflation qu'elle a induite, comment vas l'économie malienne confrontée à un contexte sécuritaire difficile ? Avec une croissance de " 3 % en 2021 et à 3,7 % en 2022 ", le pays a " relativement bien résisté ", répond Wenjie Chen qui a dirigé une équipe du FMI ayant mené des entretiens virtuels avec les autorités maliennes du 6 au 17 mars, selon une note de l'institution publiée ce vendredi 24 mars.

N'empêche, Bamako reste confronté à d'importants défis. Au niveau budgétaire, la forte hausse des dépenses de sécurité, des salaires de la fonction publique et de la facture du service de la dette (ces trois chapitres représentent " 80% des recettes budgétaire ") a maintenu le gap du budget, le déficit budgétaire, à un niveau élevé, à près de 5% du PIB en 2022. Une situation qui limite les investissements pour soutenir la croissance dans un contexte où les sources de financements alternatives s'amenuisent avec l'absence d'appui budgétaire extérieur et les difficultés de financement sur le marché de la dette en raison de hausse des taux d'intérêts.

De bonnes perspectives à condition de tenir les élections

Les perspectives restent toutefois bonnes avec des projections de croissance de " plus de 5 % en 2023 et 2024 grâce à une robuste production agricole et aurifère " qui restent cependant conditionnées par " la tenue d'élections en 2024 ". Une échéance qui, si elle était tenue, " devrait permettre de mobiliser à nouveau des appuis budgétaires extérieurs et attirer les investissements étrangers ", souligne la note.

Réduire en ‘'grande urgence'' le déficit budgétaire

 Cet optimisme ne doit pas écarter les risques réels qui pèsent sur l'économie : dégradation de la situation sécuritaire, volatilité des cours des matières premières, les risques climatiques ou encore le durcissement des conditions de financement traduit par " de faibles taux de souscription pour les émissions de dette régionale du gouvernement malien fin 2022 et au cours des premiers mois de 2023, par exemple ". 

Aussi, le FMI estime-t-il que " réduire le déficit budgétaire à court terme et se rapprocher du plafond de 3 % fixé par l'UEMOA revêtent une plus grande urgence ". Une option qui devrait passer notamment par " l'élimination de diverses exonérations fiscales et l'expansion de la fiscalité numérique ", " restreindre l'augmentation de la masse salariale du secteur public ", " supprimer progressivement les subventions et les transferts non ciblés et de redéfinir les priorités en matière de transferts sociaux ".

" Le renforcement de la gouvernance et l'intensification de la lutte contre la corruption seront essentiels pour favoriser les perspectives de croissance à moyen terme. Parmi les mesures indispensables figurent le renforcement des rôles des organes judiciaires et de poursuite en matière d'enquête sur des faits de corruption, et l'amélioration de la transparence des marchés publics et de l'industrie minière " suggère l'institution.

Publié le 25/03/23 16:54

Jean Mermoz Konandi

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