Depuis le 1er mai 2026, les Ivoiriens paient le litre de super sans plomb 875 FCFA à la pompe, contre 820 FCFA le mois dernier, tandis que le gasoil passe à 700 FCFA et le pétrole lampant à 745 FCFA, selon le communiqué officiel de la Direction Générale des Hydrocarbures daté du 30 avril 2026. Cette décision qui intervient dans la révision mensuel de l'Etat, met fin à dix-neuf mois sans hausse et s'explique par une flambée sans précédent des cours mondiaux du brut, passés de 70 dollars à plus de 120 dollars le baril en quelques semaines seulement, sous l'effet d'une escalade militaire au Moyen-Orient qui sème la panique sur les marchés pétroliers internationaux depuis la fin du mois de février.
Face à cette envolée des prix, le gouvernement avait choisi de ne pas répercuter immédiatement le choc sur les consommateurs, maintenant les tarifs à la pompe inchangés pendant les mois de mars et d'avril. Selon les chiffres avancés par les autorités, cet arbitrage aurait mobilisé plus de 100 milliards de FCFA sur la période. Si ces montants témoignent d'un effort réel, ils soulèvent aussi des questions sur la soutenabilité d'une telle politique dans la durée, et sur les arbitrages budgétaires qu'elle implique dans un contexte de finances publiques sous tension.
Replacée dans un contexte régional et international, la situation ivoirienne n'est pas isolée. Au Nigeria, pourtant premier producteur africain avec 1,5 million de barils par jour, le super a bondi de 347 FCFA à 559 FCFA depuis le 1er mai, et le gasoil dépasse les 835 FCFA. Aux États-Unis, premier producteur mondial, l'essence oscille en moyenne autour de 769 FCFA, avec des sommets approchant les 2 000 FCFA en Californie. Ces données rappellent une réalité souvent ignorée dans le débat public : le niveau de production d'un pays ne le met pas à l'abri des soubresauts du marché mondial, tant que son économie reste exposée aux cours internationaux du brut.
La Côte d'Ivoire produit aujourd'hui environ 65 000 barils par jour, une capacité encore trop modeste pour amortir durablement ce type de choc. Le pays ambitionne de porter cette production à 200 000 barils à l'horizon 2030, puis à 500 000 barils en 2035. Mais à court terme, tout dépendra de l'évolution du conflit au Moyen-Orient. Une désescalade pourrait ramener les cours à des niveaux plus supportables et rouvrir la voie à de nouvelles baisses, comme celles enregistrées en avril, septembre et novembre 2025. Dans le cas contraire, de nouveaux ajustements ne seraient pas à exclure. Car dans un monde où la géopolitique dicte le prix de l'énergie, aucun pays, grand ou petit, producteur ou non, n'échappe véritablement à la règle du marché.
Voir aussi- Côte d'Ivoire : Le prix du litre de super et du gasoil demeure inchangé
Soulignons que pour le gaz butane, le kilogrammes reste à 2 000 FCFA, quand sans subvention elle aurait atteint 5 000 FCFA. La bouteille de douze kilogrammes et demi, maintenue à 5 200 FCFA, aurait doublé pour dépasser les 10 000 FCFA. Par ailleurs, depuis mars, l'État a supprimé les droits de douane sur le gasoil afin de contenir sa progression. Il prend également en charge les frais de transport sur l'ensemble du territoire national, ce qui évite que les prix s'envolent davantage à mesure que l'on s'éloigne d'Abidjan.
Fanuelle YAO
Publié le 04/05/26 14:12
La Rédaction
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