Depuis le 1er mai 2026, la suppression des droits de douane sur les exportations africaines vers la Chine est entrée en vigueur. Concrètement, les exportateurs de 53 pays du continent peuvent désormais acheminer leurs produits vers le marché chinois sans s'acquitter de droits à l'importation. Seul Eswatini reste exclu du dispositif, en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan. Valable jusqu'au 30 avril 2028, cette mesure marque une étape majeure dans les relations commerciales sino-africaines, la Chine devenant la première grande puissance économique à accorder un accès unilatéral aussi large au continent.
Dans les faits, cette décision prolonge et élargit un mécanisme déjà en place depuis décembre 2024, qui bénéficiait jusque-là à 33 pays africains parmi les moins avancés. L'entrée en vigueur du nouveau régime consacre son extension à l'ensemble des économies africaines entretenant des relations diplomatiques avec Pékin, y compris des marchés plus industrialisés comme le Nigeria, l'Égypte, le Maroc, l'Algérie, l'Afrique du Sud ou encore le Kenya. L'annonce avait été faite en février par Xi Jinping, en marge du sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.
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L'enjeu est de taille. En 2025, les échanges entre la Chine et l'Afrique ont atteint 348 milliards de dollars, dont 110 milliards d'importations chinoises en provenance du continent. La dynamique s'est poursuivie au premier trimestre 2026, avec une progression d'environ 27 % sur un an, pour un volume de 92 milliards de dollars. La Chine s'impose ainsi comme le marché à la croissance la plus rapide pour les exportations africaines, tout en demeurant le principal fournisseur du continent.
Mais l'entrée en vigueur de cette suppression des droits de douane ne gomme pas les déséquilibres structurels. Le déficit commercial de l'Afrique vis-à-vis de la Chine a atteint un niveau record de 102 milliards de dollars en 2025. Les exportations africaines restent dominées à plus de 80 % par des matières premières — pétrole, minerais, cacao ou bois — et concentrées sur un nombre limité de pays. Dans ce contexte, l'effectivité de la mesure ouvre des opportunités réelles, mais ne constitue pas à elle seule une réponse suffisante aux fragilités du commerce sino-africain.
Fanuelle YAO
Publié le 04/05/26 15:53
La Rédaction
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