À compter du 30 avril 2026, la République démocratique du Congo a officiellement rétabli une barrière réglementaire que l'on croyait enterrée depuis des décennies. Le petit commerce et le commerce de détail deviennent désormais un domaine réservé aux opérateurs nationaux. Les investisseurs étrangers, quant à eux, ne pourront plus y exercer, sauf à se positionner sur quelques créneaux spécifiques à forte intensité de capital. L'annonce a été faite par le ministère de l'Économie nationale dans un communiqué publié à Kinshasa.
Attendu depuis septembre 2025, le dispositif prend la forme d'un décret fixant les règles d'exercice du petit commerce et du commerce de détail, complété par un arrêté interministériel qui dresse la liste des activités de détail spécialisé encore ouvertes aux capitaux étrangers. Selon les autorités, l'objectif est de clarifier et de moderniser le cadre juridique applicable au commerce intérieur.
Dans le détail, " le petit commerce et le commerce de détail sont réservés aux opérateurs économiques congolais ; certaines activités relevant du commerce de détail spécialisé à forte intensité de capital demeurent ouvertes aux investisseurs étrangers, dans les conditions prévues par la réglementation ". Le communiqué, daté du 30 avril 2025 et rendu public récemment, précise en outre que " les opérateurs économiques concernés disposent d'un délai de six (6) mois pour se conformer aux nouvelles dispositions ".
Voir aussi - Gabon/Pétrole : ''Gabonisation'' des emplois dans les services et fin de la subvention sur le carburant
Cette redéfinition du périmètre des activités s'appuie ainsi sur un double dispositif réglementaire — décret et arrêté interministériel — qui identifie les niches encore accessibles aux investisseurs étrangers. Le ministère insiste sur la nécessité de " clarifier et moderniser le cadre juridique applicable au commerce intérieur " et annonce un accompagnement administratif destiné à faciliter la transition des opérateurs concernés.
À travers cette réforme, les autorités congolaises assument un retour à une doctrine plus restrictive héritée des années 1970. Selon le ministère de l'Économie nationale, il s'agit de réactiver un principe ancien, progressivement dilué par des ajustements réglementaires ayant permis à des acteurs étrangers de s'implanter dans des segments initialement réservés aux nationaux.
La RDC s'inscrit, par ailleurs, dans une dynamique observée dans plusieurs pays africains. Le Gabon, en août 2025, puis le Burkina Faso, en février 2026, ont également limité l'accès des expatriés à certaines activités de commerce de proximité, selon les annonces officielles de ces États.
Perton Biyiha
Publié le 04/05/26 15:32
La Rédaction
SN
CEMAC